
On ne change pas une équipe qui gagne... Voici donc le deuxième volume de l'intégrale des concertos et cantates de chambre dans le cadre de l'Édition Vivaldi avec L'Astrée, dont les interprétations s'imposent déjà comme une référence dans ce répertoire. (Pour marquer l'occasion, le premier volume est enfin réédité dans une nouvelle présentation conforme aux deux autres) Comme pour la précédente parution (avec la mezzo Laura Polverelli), trois concertos sont ici juxtaposés avec trois cantates de chambre, offrant une nouvelle occasion de vérifier l'invention inépuisable du Prete rosso dans ces deux genres, qui lui fournissent autant de prétextes de virtuosité instrumentale et vocale que ses concertos avec orchestre ou ses opéras.
Dans le concerto RV 100, nous assistons à un véritable dialogue entre flûte, violon, et basson, ce dernier exploité à la fois pour sa palette expressive et pour sa grande agilité ; dans les RV 92 et 108, c'est la flûte à bec qui est mise à rude épreuve. Quant aux cantates, cette fois-ci pour soprano avec basse continue, elles exigent de la soliste de grands moyens techniques et un fort tempérament dramatique : le déchaînement presque hystérique, les sauts acrobatiques, la périlleuse succession de contre-ut de Geme l'onda ne conviennent assurément pas à toutes les voix ! C'est bien pour cela que L'Astrée a fait appel à l'une des plus éminentes vivaldiennes de notre temps : la merveilleuse Gemma Bertagnolli, dont les prestations récentes avec Alessandrini et de Marchi ont rallié tous les suffrages, et qui triomphe de nouveau ici.
L’Édition Vivaldi, entreprise discographique conçue par le musicologue Alberto Basso et le label indépendant Naïve, constitue l’un des projets d’enregistrement les plus ambitieux du XXIe siècle. Son objet premier est d’enregistrer la vaste collection de manuscrits autographes vivaldiens conservée à la Bibliothèque Nationale de Turin, quelque 450 oeuvres en tout : un véritable trésor puisqu’il s’agit de la bibliothèque personnelle de Vivaldi, l’ensemble des partitions que celui-ci conservait chez lui au moment de sa mort, à Vienne, en 1741. Cet ensemble comprend ses opéras, des centaines de concertos, compositions sacrées et cantates. La majorité de ces oeuvres n’a pas été entendue depuis le XVIIIe siècle.
La publication de plus de 100 disques, qui a débuté en l’an 2000, se poursuivra jusqu’en 2015. L’objectif de l’Édition Vivaldi est de rendre cette extraordinaire profusion musicale disponible pour le plus grand nombre et de révéler le génie de Vivaldi, non seulement en tant que compositeur de musique instrumentale, domaine dans lequel sa réputation était déjà établie, mais aussi en tant que créateur de quelques-unes des oeuvres vocales les plus importantes du XVIIIe siècle. Vingt-huit titres ont été publiés à ce jour et Atenaide est le septième opéra de l’Édition. Par ailleurs, l’Édition développe une activité de promotion de concerts Vivaldi au sein des plus prestigieux festivals et saisons musicales européens, et développe des projets multimédia qui rassemblent musiciens, cinéastes, auteurs, plasticiens… L’Édition Vivaldi insuffle une énergie nouvelle et installe de nouvelles références au sein de l’histoire musicale.

