
Laurence Equilbey: "Notre premier disque de Transcriptions a été enregistré en 2000 à l’Arsenal de Metz. Six ans plus tard nous avons eu envie de réunir dans un nouvel album les créations réalisées au fil de nos concerts. Pour la plupart des œuvres enregistrées ici, nous avons été sollicités par les compositeurs-transcripteurs eux-mêmes. Il semble que de tout temps cette technique ait fasciné : défi compositionnel, formel, recherche sonore.. Flaubert n’ écrivait-il pas " la forme, c’est le fond qui remonte à la surface " ? Ainsi, ces nouvelles transcriptions ont été réalisées avec une grande rigueur par leurs auteurs: une grande partie d’entre elles sont de véritables orchestrations pour voix , " terme à terme " . Beaucoup des œuvres présentées ici sont à l’origine des Lieder ou mélodies avec piano. Elles ont souvent été orchestrées à l’époque par les compositeurs eux-mêmes ou par d’autres ( Berio a orchestré Scheiden und Meiden, Felix Mottl a orchestré Im Treibhaus. Max Reger a lui même orchestré de nombreux Lieder de Schubert). Ainsi ce type d’orchestration –dans ce cas, on peut également parler de transcription pour orchestre- était une technique courante au siècle dernier. L’originalité de cet enregistrement vient du fait que l’orchestre est ici composé de voix uniquement (cela implique une vraie réflexion sur les textures et les registres, la mise en texte des parties non chantées à l’origine etc..) L’œuvre est citée dans son intégralité, en tenant compte des orchestrations réalisées auparavant. Ainsi ont été traitées les compositions de Mahler, Wagner, Schubert (Der Wegweiser), Ravel ( Ronsard). Les mélodies avec orchestre appartiennent à cette même technique de transposition quasi parfaite : Ravel (l’étonnant Shéhérazade), Prokofiev (Le Champ des Morts). La plupart des œuvres transcrites ainsi a cappella sont remarquables: ce style était très développé à l’époque des compositions originales, la dimension orchestrale, abstraite parfois, des voix étaient parfaitement maîtrisée dans l’écriture d’alors. On se prend à rêver que les œuvres transcrites auraient pu être écrites directement ainsi . C’est notamment ce qui nous émeut dans les œuvres de Mahler, Wagner ou Ravel qui ont très peu écrit a cappella, contrairement à certains de leur contemporains. Une deuxième catégorie de transcriptions présentes dans cet album, se distingue parmi les œuvres écrites à l’origine pour piano seul, ou orchestre seul. Une adaptation au nouvel instrument –ici le chœur- est rendue obligatoire. La mise en texte, l’écriture des pédales du piano (dans les pièces de Debussy et Scriabine notamment), la réduction de certaines figures musicales (dans Schubert, Nacht und Traüme, Vivaldi, l’Hiver, Ravel , Le Jardin Féérique, Bach, Drei Psalmlieder) demandent une réécriture très précise. Ici, les techniques de compositions sont savantes, passionnantes souvent, ne négligeant aucun aspect de l’œuvre originale, la restituant de la plus proche manière, dans ses effets parfois. Parmi ces œuvres, certaines datent de la période baroque ou classique, alors que l’interprétation a cappella connaissait une éclipse. Nous nous sommes alors attachés à en styler le plus possible l’interprétation, afin que la transcription paraisse la plus naturelle possible, en adéquation avec l’époque de sa composition. Ainsi, Bach ou Schubert ont été enregistrés par des effectifs vocaux spécifiques, en conservant parfois la partie de piano originale (Schubert, Litanei). Vivaldi a été traité comme un motet du XVIIIè, avec basse continue. Je remercie ici tous les compositeurs et les interprètes de cet enregistrement pour leur rigueur, leur talent et leur engagement."
Fondé par Laurence Equilbey pour interpréter les oeuvres majeures du répertoire a cappella et de s’investir dans la création contemporaine, accentus est aujourd’hui un ensemble professionnel de 32 chanteurs se produisant dans les plus grands festivals français et internationaux.
L’ensemble collabore régulièrement avec chefs et orchestres prestigieux (Pierre Boulez, Jonathan Nott, Christoph Eschenbach, Orchestre de Paris, Ensemble Intercontemporain, Orchestre de l’Opéra de Rouen/Haute Normandie, Concerto Köln, Akademie für Alte Musik).
Il participe également à des productions lyriques, créations contemporaines (Perelà l’homme de fumée de Dusapin et L’Espace dernier de Pintscher à l’Opéra de Paris) et ouvrages de répertoire (Le Barbier de Séville de Rossini au Festival d’Aix-en-Provence). L’ensemble est aussi un partenaire privilégié de la Cité de la musique. Il poursuit sa résidence à l’Opéra de Rouen/ Haute Normandie, articulée autour de concerts a cappella, ainsi que des concerts choeur et orchestre.
Salué par la critique dès son premier enregistrement, accentus reçoit en 1995 le Prix Liliane Bettencourt de l’Académie des Beaux-Arts. Tous ses enregistrements sont largement récompensés et le disque Transcriptions (plus de 100 000 exemplaires vendus) a été nominé aux Grammy Awards 2004 et a reçu un Disque d’or en janvier 2008. Un disque Schoenberg (avec l’Ensemble Intercontemporain) a paru en 2005 et a été récompensé par un Midem Classical Award. Les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de Haydn (avec l’Akademie für alte Musik-Berlin), paru en 2006, est déjà considéré comme une référence. Enfin a paru un nouvel opus de Transcriptions (2006) et un enregistrement du Via Crucis de Liszt avec Brigitte Engerer (2007). accentus a reçu le Grand Prix Radio Classique de la Découverte en 2001 et a été consacré Ensemble de l’année par les Victoires de la musique classique en 2002 et 2005.
Il est le premier utilisateur du diapason électronique e-tuner.
accentus est aidé par la direction régionale des Affaires culturelles d’Île-de-France, ministère de la Culture et de la Communication. accentus est en résidence à l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie. Il est subventionné par la Ville de Paris, la Région Île-de-France, et reçoit également le soutien de la SACEM. accentus est membre du réseau européen tenso et de la FEVIS (Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés). Mécénat Musical Société Générale est le mécène principal d’accentus. Le cercle des amis d’accentus accompagne son développement.

