
Un nouvel album qui tient les promesses de son prédécesseur avec ses mélodies bien roulées, séduisantes, ses harmonies vocales, ses arrangements élégants, ses refrains accrocheurs. Mais attention, hein, rien de clinquant ici. La musique des Sunday Drivers est plutôt du genre à se balader en costume de lin clair qu’à se parer de bling-bling. Ces chansons-là n'en mettent pas plein la vue ou plein les tympans. Elles se faufilent vite fait dans le cortex. Et dès la deuxième écoute, on se dit qu'on a affaire à des standards. Et on remet "Tiny Telephone" sur la platine pour retrouver ces petits détails précieux qui transforment un album pop en bijou : les cordes de "Rainbow Of Colours", le piano électrique limite Beck-esque habillant "Paranoid", le tempo gentiment obsédant de "Life Is", les chœurs de "Day In Day Out", etc. La liste n'est pas exhaustive. Parce que mine de rien, sous leurs airs modestes et un nom qui se la joue amateur à peine éclairé (les Chauffeurs du Dimanche), les Sunday Drivers sont des orfèvres de la pop intemporelle.
The Sunday Drivers c'est: 30 000 exemplaires vendus du précédent, "Little Heart Attacks", un single terriblement efficace "On my mind" et près de 200 concerts au compteur dont deux passages au festival de Benicassim, Les Transmusicales à Rennes en 2004, Les Vieilles Charrues, Art Rock, Rock En Seine en 2005, Les Eurockéennes en 2006, pas mal, non ?
Et si on préférait les faits, rien que les faits, on résumerait ainsi l'histoire depuis le début. Naissance du groupe en 1999 avec quatre membres rejoints par deux complices au fil des enregistrements : Jero Romero : chanteur-guitariste et auteur de la majorité des morceaux, Lyndon Parish : guitariste, clavier et co-auteur de certains titres, Julian Maeso : piano et orgue, Miguel de Lucas : basse, Fausto Perez : guitare, Carlos Pinto : batterie et percussions. Réputation bâtie au fil des concerts. Coup de cœur du NME, arbitre du bon goût pop plutôt chauvin d'ordinaire. Accession, enfin, au titre casse-gueule de "groupe à surveiller de près pour la suite de ses aventures".
Little Heart Attacks, leur dernier album sorti sur le label Mushroom Pillow et signé en licence pour le monde chez naïve fait parti de ces (trop rares) disques susceptibles d’atterrir dans votre platine pour ne plus pouvoir la quitter, et de reprendre en chœur les chansons de ces « 6 garçons dans le vent ». Des Beatles il est en effet question (le morceau « Day Tripper » a d’ailleurs inspiré le nom du groupe). On pourrait aussi citer comme glorieuses influences celle des Byrds ou encore celle de The Band et pourquoi pas aussi celle des Beach Boys parmi les plus belles réussites d’une pop sixties chatoyante et psychédélique qui a su avec brio et inventivité mettre de la pop dans son folk.
Mais arrêtons là le petit jeu des références pour en revenir à l’essentiel, à savoir les chansons car nos conducteurs du dimanche sont bel et bien des orfèvres en « pop songs » délicates, raffinées et au combien addictives. Harmonies impeccables, chaleureuse sonorité de l’orgue Hammond, doux grondements de la wah wah et voix parfaite de Jero Romero, la ballade s’annonce belle et sans fin, « endless summer » en vue. Et si on décrétait pour 2005 un « summer of love » au volant d’un combi VW ? La bande originale est déjà toute trouvée et les fleurs risquent bien de refleurir sur nos chemises, qui s’en plaindrait ? Dans tous les cas, il semble qu’il sera bien difficile de ne pas croiser la route des Sunday Drivers, notamment ce printemps et cet été puisque le groupe compte déjà s’inviter dans les plus prestigieux festivals…

