
Chercher le "sacré" dans les petites choses du quotidien est la leçon que j’ai reçue du cinéma, et c’est une idée qui m’a accompagné tout au long de l’écriture de ce Stabat Mater. Dans le texte si beau et si poignant du XIIIe siècle, bâti en 20 strophes de 3 vers, j’ai retenu la douleur d’une mère face à la mort de son enfant plutôt que le récit de la Vierge pleurant la mort du Christ. Toujours du cinéma, et tout particulièrement de L’Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini, j’ai appris que la rencontre d’univers musicaux très divers pouvait nous conduire à "l’universel". Ainsi, le cri de cette mère peut prendre tour à tour les voix sublimes de Marie Kobayashi et d’Aïcha Redouane, les voix blessées de Robert Wyatt et Guillaume Depardieu, ou encore le chant lumineux du chœur Mikrokosmos. On retrouve ce cri dans le jeu si inventif de Laurent Korcia, dans la violence du quatuor à cordes, dans la guitare électrique de Slim Pezin qui se fond dans le chœur, dans les percussions colorées de Marc Chantereau, mais aussi dans le jeu si pénétrant de Claire Désert. Après l’enregistrement du concert en la basilique de Saint-Denis, j’ai souhaité bouleverser l’ordre des airs, obéissant plutôt à une logique musicale qu’à la succession traditionnelle des strophes.
Né en 1960 à Paris. Tout d'abord compositeur de musique contemporaine avant de composer pour le cinéma et la télévision, il est désormais reconnu comme compositeur français à succès (il est l'auteur d'une des meilleures ventes de BO en France : LES CHORISTES). Bruno Coulais est un expérimentateur sonore.

