
Ce coffret a pour ambition de retracer la filmographie de Jacques Tati, à travers une compilation des meilleures bandes originales de ses films, des célèbres Jour de Fête et Mon Oncle, au plus rare Parade.
De plus celui-ci vous propose des bruitages, les musiques de ses court-métrages, des chansons bonus, de nombreuses anecdotes, et pleins d’autres inédits…
Jacques TATI fut d’abord Jacques TATISCHEFF, ascendance russe, né au Pecq près de Paris en 1907. Grand sportif, ses coéquipiers apprécient son talent à mimer les matches de rugby qu’ils viennent de jouer. Son succès auprès d’eux lui donne l’idée de présenter un numéro comique de mime sportif. Sa chance est le gala organisé en 1934 pour fêter le ruban Bleu du paquebot “Normandie”. Maurice Chevalier et Mistinguett sont à l’affiche, mais ce soir-là, Tati a la vedette. Le directeur de l’A.B.C. lui offre sa scène. Colette qui rit avec tout Paris écrit : “ Je crois que nulle fête, nul spectacle d’art et d’acrobatie, ne pourront se passer de cet étonnant artiste qui a inventé quelque chose. Quelque chose qui participe du sport, de la danse, de la satire et du tableau vivant. Il a inventé d’être ensemble le joueur, la balle et la raquette ; le ballon et le gardien de but, le boxeur et son adversaire, la bicyclette et son cycliste. En Jacques Tati, cheval et cavalier, tout Paris verra vivante la créature fabuleuse : le Centaure !”
Tati rêve de cinéma. Les burlesques américains, W.C. Fields et surtout Buster Keaton, le fascinent. Il tourne avec son ami le clown Rhum : “Oscar, champion de tennis” (1932) ; puis “On demande une brute” (1934) et “Gai Dimanche” (1935). En 1936, il joue dans “Soigne ton gauche”, court-métrage du débutant…René Clément. Après la libération, Tati tourne dans “Sylvie et le fantôme” et “Le Diable au corps”. Et réalise une bande de 400 mètres, “L’École des Facteurs” (1947), prémices de « Jour de Fête.
En 1949, “Jour de Fête” terminé, les professionnels refusent sa programmation pendant un an : “C’est drôle. Mais croyez-vous que le public comprendra ? Vous n’avez pas de grandes vedettes là-dedans”… Pourtant, un soir, les spectateurs d’un cinéma de Neuilly ont la surprise de voir le film en supplément de programme. Pendant 90 minutes, les rires secouent l’assistance. Jacques Tati est lancé ! À l’étranger, on proclame la découverte d’une nouvelle veine comique : Prix de la Meilleure Mise en Scène en 1949 à la Biennale de Venise, Grand Prix du cinéma Français en 1950 ! En dépit d’un succès commercial exceptionnel, Tati décide pour son prochain film d’abandonner le “Facteur”. Il souhaite maintenant camper un personnage de qui chacun puisse penser : “J’ai déjà vu ce bonhomme-là quelque part !”
Quatre ans plus tard, Monsieur Hulot est adopté avec enthousiasme par le public et la critique ! En 1951, Tati a tourné “Les vacances de Monsieur Hulot” sur une plage bretonne. Prix Louis Delluc 1953, Grand Prix de la Critique Internationale au Festival de Cannes 1953. Et le succès mondial continue. En 1956, en dépit des offres importantes des anglo-saxons, Jacques Tati, soucieux de défendre sa liberté artistique, entreprend la réalisation de “Mon Oncle », autre épisode de la vie de Monsieur Hulot. Qu’il tournera en français et retournera simultanément en anglais ! Présenté en première mondiale le 9 mai 1958 au XI° Festival de Cannes, le film est vu à Mexico, Prague, Rio de Janeiro, Madrid, Helsinki, Rome ! “Mon Oncle” collectionne les récompenses, dont le Prix Spécial du Jury à Cannes, et, suprême consécration, l’Oscar du meilleur film étranger 1958.
Inspiré par les aéroports que Tati parcourt pour la promotion de Mon Oncle et par leur uniformité dite « moderne », « Playtime » est tourné de 1964 à 1967 ! Suivront « Trafic » en 1971, « Parade » en 1973 et « Forza Bastia » qu’il réalise avec sa fille Sophie en 1978. Tati s’éteint le 4 novembre 1982.
Louise Labib

