
Cette intégrale des chansons de Rezvani paraîtra sous la forme de six CD (chaque CD sera accompagné d’un livret reproduisant les paroles) dont les sorties s’étaleront entre 2004 et 2006. L’intention de ce projet est de les donner à entendre telles que Rezvani les a conçues et les chantait pour ses proches, avec modestie, verve, gaieté, passion. Son interprétation est légère, sans effets artistiques, elle focalise l’écoute sur la pertinence des textes, leur drôlerie ou leur sagacité, leurs trouvailles et leur étonnante fluidité. La démarche de Rezvani, en tant que chanteur compositeur amateur, évoque celle d’un Boris Vian ou d’un Bobby Lapointe. On comprend pourquoi ses chansons, tout à la fois narratives, drolatiques et métaphysiques ont fait l’admiration de Gilles Deleuze et lui ont valu le grand prix de la poésie de la SACEM sous l’impulsion (entre autres) d’Etienne Roda-Gil. Le parti pris a été de conserver la spontanéité qui colore leur composition (une voix, une guitare) – Amaury Canovas Filliard accompagne si bien Rezvani qu’on croirait ce dernier seul devant son micro – et d’assurer à l’enregistrement de parfaites conditions techniques.
Né à Téhéran en 1928, Rezvani est d’origine persane par son père et russe par sa mère.
Il consacre les premières années de son activité artistique à la peinture. De 1946 à 1966, il expose dans différentes galeries à Paris (Maeght, Arnaud, Durand, Berrgrüenn) et à Londres (Hanover Gallery). En 1960, il quitte Paris avec Danièle Lula, l’amour de sa vie, pour s’installer dans le sud de la France, à la Garde-Freinet. C’est à cette époque qu’il se met à écrire des chansons pour rompre le silence de la peinture. Celles-ci deviennent très célèbres grâce aux films de la Nouvelle Vaque, «Jules et Jim» de François Truffaut (1961) qui révèle «Le Tourbillon De La Vie», ou en encore à «Pierrot Le Fou» (1965) sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak (va-nu-pied en russe).
Peu après, il franchit le pas et entame une œuvre littéraire. Il écrit d’abord des pièces de théâtre – «L’immobile», Le Rémora sont crées en 1965 au Petit-Odéon par Michel Berto, puis des textes autobiographiques, «Les année-lumière» (1967) et «Les années Lula» (1968), qui lui valent un immense succès.
Son théâtre est de plus en plus remarqué. En 1969, sa pièce, «Capitaine Schelle, Capitaine Eçço»; est montée au TNP par la compagnie Vincent Jourdheuil ; en 1970, la même compagnie crée «Le camp du drap d’or» au festival d’Avignon ; Jorge Lavelli met en scène «La Mante Polaire» avec Maria Casares dans le rôle titre, au théâtre de la ville en 1977…
Il continue d’écrire et de peindre alternativement. Ses séries de tableaux, «Les horreurs de la guerre» (à propos du Viêtnam) et «Les grandes Marines», sont montrées à l’occasion des deux expositions importantes: «Toiles sur le Viêtnam», en 1970, à l’ARC au musée d’Art moderne de la ville de Paris et «Grandes Marines» présentée par le centre Georges Pompidou au centre culturel du Marais en 1975.
En outre, il publie de nombreux romans, parmi lesquels «Le Canard Du Doute» (1975), «Phénix» (1990), «La Traversée Des Monts Noirs» (1992)…, et poursuit son œuvre autobiographique, «Le Testament amoureux» (1981), «J’avais Un Ami» (1987), «Les Repentirs Du Peintre» (1993)…
Au printemps 1994, sa pièce, "La glycine", est montée au théâtre du Vieux Colombier par la troupe de la Comédie Française, en même temps qu’une exposition de ses dernières peintures, "Repentirs", est présentée à la galerie Weill-Seligmann.
L’été 1999, il expose à la Galleria Del Leine De Venise, une série intitulée Femme, «écrite» en noir et sur blanc, évoquant la phrase de Mallarmé: «Ecrire, c’est déjà mettre du noir sur du blanc».
En parallèle, il semble poursuivre une véritable «poétique du désastre», déjà initiée dans La Traversée des Monts Noirs, avec ses nouveaux romans, «La cité Potemkine» (1999) et «L’origine Du Monde» (2000).
Paru en mai 2003, son texte, «L’éclipse», clôt le cycle autobiographique de son œuvre, par le récit de la maladie d’Alzheimer dont souffre sa femme. A la demande de Jacques Lassalle, il signe la traduction d’une nouvelle version de Planator de Tchekhov, mise en scène à la Comédie Française en novembre 2003.
Printemps 2004: il publie «Les Grains De Beauté», premier disque de l’Intégrale de ses chansons, en même temps qu’un recueil de nouvelles drolatiques intitulé «Les Voluptés De La Déveine» qui prend pour héros l’un des personnages de son roman «L’origine Du Monde», l’inénarrable commissaire Quevedo flanqué de son chien doué de parole: M. Bull.
Aujourd’hui, Rezvani reste fidèle à cette pluri indiscipline qu’il revendique: écriture de livres – tous parus chez Actes Sud depuis 1995 – exposition de ses peintures, composition de nouvelles chansons, projets de mises en scène de ses pièces. Il partage son temps entre Paris et La Garde-Freinet.
Cette intégrale des chansons de Rezvani paraîtra sous la forme de six CD (chaque CD sera accompagné d’un livret reproduisant les paroles) dont les sorties s’étaleront entre 2004 et 2006.
L’intention de ce projet est de les donner à entendre telles que Rezvani les a conçues et les chantait pour ses proches, avec modestie, verve, gaieté, passion. Son interprétation est légère, sans effets artistiques, elle focalise l’écoute sur la pertinence des textes, leur drôlerie ou leur sagacité, leurs trouvailles et leur étonnante fluidité. La démarche de Rezvani, en tant que chanteur compositeur amateur, évoque celle d’un Boris Vian ou d’un Bobby Lapointe. On comprend pourquoi ses chansons, tout à la fois narratives, drolatiques et métaphysiques ont fait l’admiration de Gilles Deleuze et lui ont valu le grand prix de la poésie de la SACEM sous l’impulsion (entre autres) d’Etienne Roda-Gil.
Le parti pris a été de conserver la spontanéité qui colore leur composition (une voix, une guitare) – Amaury Canovas Filliard accompagne si bien Rezvani qu’on croirait ce dernier seul devant son micro – et d’assurer à l’enregistrement de parfaites conditions techniques.

