
Planants vagabondages, Poisson volant pour chansons ailées… Dans l’encre de ses mots se mêlent eaux profondes et reflets de soleil. Les chansons content des " vies au bord des rêves ", des vies d’aujourd’hui, d’un Henri à la rue à de familiers sons électroniques (La Complainte de l’homme moderne). Brodent finement, et drôlement sur le motif du " nevermore " : " Cette fois c’est sûr, je serai plus jamais/Champion au 110 mètres haies/Ni trompettiste en jazz à l’international/Je serai plus jamais président du Nicaragua "… Explorent les confins de la carte du Tendre, les contrées incertaines d’après l’eldorado amoureux. Evocation des premiers émois inspirée d’Amélie Nothomb (Je m’ennuie, en duo avec Clarika), nostalgie des étreintes d’antan (J’aimais mieux avant ), titre paradoxal : Je t’aimerai quand même, pour annoncer un grand départ (non plus à la voile mais en vélo)… Réaliste, réjouissante cruauté.
Petit poisson deviendra grand, promettait La Fontaine. Voilà qui est fait. Après Tom Poisson fait des chansons, en 2004 et Tom Poisson fait des chansons… tom 2, il y a deux ans, voilà un troisième tom – pardon, un troisième tome discographique dont le titre cette fois ne rappelle pas le nom du chanteur, mais le proclame Riche à millions. Riche à millions, la chanson, parle d’une rupture en forme de renaissance, mise au monde et mise à la voile : le poisson-chat des épisodes précédents (plus chaton mutin que mordant félin) se fait ici poisson volant. Riche à millions, l’album, confirme tout entier l’envol. Comme un manifeste de la maturité, après deux vols d’essai adulescents ; essais réussis, planants vagabondages autour d’amours de récré, de voiliers, de vieilles dames et d’orangers en Chine. Bulles à la Boogaerts, ton à la Souchon. Coeur lourd, musique légère…

