
Le film Requiem pour Billy the Kid est un film de 90 minutes dont les images nous projettent avec le tonnerre d’un colt dans l’univers du western. Du genre, il emprunte la trame narrative, l’esthétique, la beauté des paysages du Nouveau-Mexique filmés en 35mm cinémascope. Tom Sullivan qui pour être un shérif du XXIe siècle n’en porte pas moins une étoile épinglée à la poitrine, un Colt’45 à la ceinture, et un Stetson enfoncé sur les yeux, remonte d’un pas tranquille la rue principale de Lincoln à la rencontre d’une galerie de gueules sorties d’une Amérique que l’on pensait reléguée aux temps du Technicolor. Du western, il emprunte aussi, en creux, une référence fameuse. " When the facts become legend, print the legend " (Quand les faits deviennent une légende, imprime la légende) faisait dire John Ford au journaliste dans L’Homme qui tua Liberty Valance. Personnage historique, personnage de légende, Ange noir, héros Rimbaldien, qui est Billy the Kid ? Quien es ? Au propre comme au figuré, il s’agit d’exhumer Billy the Kid, de le faire renaître de ses cendres, de le ramener à la lumière. Le film recourt à plusieurs éclairages, ils appartiennent parfois au monde du documentaire, parfois à celui de la fiction.
Avec son nouveau projet Tableau de chasse, Claire Diterzi a fait bien plus que d’enregistrer un nouvel album : cet objet ambitieux et audacieux s’inscrit en effet dans une dynamique artistique forte. « Ce qui le différencie de ce que j’ai fait auparavant, c’est qu’il est parti de la scène. On m’a offert l’opportunité de jouer à Chaillot, je me suis dit : c’est le moment d’ajouter une dimension visuelle à ma musique. » Elle en profite au passage pour employer une méthode de travail bien particulière, qui la voit écrire et composer ses chansons à partir de sculptures et de tableaux. « J’ai voulu m’appuyer sur du beau, de l’émotion, pour m’abriter de la médiocrité ambiante, et stimuler une curiosité sans cesse menacée par la télé. » Une approche à la fois artistique et militante, qui renforce un engagement déjà présent dans le travail de Claire, mais qui n’avait jamais été aussi explicite.

