
Une comédie musicale " à la parisienne " : " Dernier grand maître de l’opérette française, Maurice Yvain reste injustement oublié, alors même qu’on fredonne toujours ses chansons. Les rares reprises de ses pièces enthousiasment un public souvent très jeune, et son nom reste indissociable du style qu’il a créé : cette comédie légère, frénétiquement rythmée, pleine de jeu de mots et d’immoralité, au cœur d’une époque qui fut celle du music-hall, de Dada, de Cocteau, du groupe des six et de la peinture moderne. Pas sur la bouche ! reste l’archétype de la comédie musicale à la parisienne, avec sa distribution réduite, ses petites scènes de théâtre, ses héros qui ne songent qu’à s’embrasser, ses chansons swing(" je me suis laissé embouteillé "), ses couplets grivois (" par le trou de la serrure ") et ses finales haletants (le sextuor du " quai Malaquais "). En redécouvrant ce moment de l’histoire du spectacle musical, on s’avise que l’opérette n’est pas là pour flatter nos habitudes, mais qu ‘elle peut nous surprendre, jouer avec les situations, les rythmes et le langage. Elle nous rappelle que l’esprit artistique du XX° siècle ne s’est pas fait seulement de drames sombres, mais aussi de fantaisie et de loufoquerie. " Benoît Duteurtre, Auteur de L’Opérette en France (Éditions du Seuil) " Quand Alain Resnais est venu chez moi pour que je lui joue au piano les numéros chantés de l’opérette de Barde et Yvain, j’ai eu un coup de cœur pour cette partition. Je connaissais certaines chansons de Maurice Yvain, mais j’ignorais tout de Pas sur la bouche ! j’ai découvert la richesse incroyable de ces mélodies. La musique d’Yvain véhicule une énergie peu commune, qui à mon avis s’est répercutée sur touts les étapes de la fabrication du film. Yvain était manifestement un compositeur très averti des avancées musicales qui se produisaient au Etats-Unis, notamment dans le jazz, il distillait dans l’opérette française en 1925 des aspects beaucoup plus rythmiques et syncopés. C’est une musique très abordable, qui touche immédiatement l’auditeur, mais qui allie la simplicité à un grand sens du contrepoint. Ce qui m’a frappé aussi, outre la qualité d’écriture des paroles d’André Barde, c’est qu’aucun des huit personnages principaux n’est sacrifié. " Bruno Fontaine extrait d’un entretien avec François Thomas
Pas sur la bouche, une opérette d’André Barde et de Maurice Yvain
Un film réalisé par Alain Resnais
Orchestrations originales, musique additionnelle et direction musicale de
Bruno Fontaine
Lors d'un séjour aux États-Unis, Gilberte Valandray a été mariée en premières noces à un Américain, Eric Thomson. Son mariage a été un échec.
Mais cette union n'ayant pas été légalisé par le consul de France, il n'est, de fait, pas reconnu en France.
Revenue à Paris, Gilberte a épousé Georges Valandray, riche métallurgiste. Celui-ci, qui croit à la félicité conjugale dès lors que l'on est le premier mari de sa femme, est soigneusement tenu dans l'ignorance de l'union avec Eric Thomson. Seule la sœur de Gilberte, Arlette Poumaillac, toujours célibataire, connaît le secret.
Mais qu'arriverait-il, si par pure coïncidence, Georges Valandray entrait en relations d'affaires avec cet Eric Thomson et se prenait d'amitié pour lui ?
Une comédie musicale « à la parisienne » :
« Dernier grand maître de l’opérette française, Maurice Yvain reste injustement oublié, alors même qu’on fredonne toujours ses chansons. Les rares reprises de ses pièces enthousiasment un public souvent très jeune, et son nom reste indissociable du style qu’il a créé : cette comédie légère, frénétiquement rythmée, pleine de jeu de mots et d’immoralité, au cœur d’une époque qui fut celle du music-hall, de Dada, de Cocteau, du groupe des six et de la peinture moderne. Pas sur la bouche ! reste l’archétype de la comédie musicale à la parisienne, avec sa distribution réduite, ses petites scènes de théâtre, ses héros qui ne songent qu’à s’embrasser, ses chansons swing(« je me suis laissé embouteillé »), ses couplets grivois (« par le trou de la serrure ») et ses finales haletants (le sextuor du « quai Malaquais »). En redécouvrant ce moment de l’histoire du spectacle musical, on s’avise que l’opérette n’est pas là pour flatter nos habitudes, mais qu ‘elle peut nous surprendre, jouer avec les situations, les rythmes et le langage. Elle nous rappelle que l’esprit artistique du XX° siècle ne s’est pas fait seulement de drames sombres, mais aussi de fantaisie et de loufoquerie. »
Benoît Duteurtre,
Auteur de L’Opérette en France (Éditions du Seuil)
« Quand Alain Resnais est venu chez moi pour que je lui joue au piano les numéros chantés de l’opérette de Barde et Yvain, j’ai eu un coup de cœur pour cette partition. Je connaissais certaines chansons de Maurice Yvain, mais j’ignorais tout de Pas sur la bouche ! j’ai découvert la richesse incroyable de ces mélodies. La musique d’Yvain véhicule une énergie peu commune, qui à mon avis s’est répercutée sur touts les étapes de la fabrication du film. Yvain était manifestement un compositeur très averti des avancées musicales qui se produisaient au Etats-Unis, notamment dans le jazz, il distillait dans l’opérette française en 1925 des aspects beaucoup plus rythmiques et syncopés. C’est une musique très abordable, qui touche immédiatement l’auditeur, mais qui allie la simplicité à un grand sens du contrepoint. Ce qui m’a frappé aussi, outre la qualité d’écriture des paroles d’André Barde, c’est qu’aucun des huit personnages principaux n’est sacrifié. »
Bruno Fontaine
extrait d’un entretien avec François Thomas

