
Michèle ma productrice m’a fait rencontrer Titi Robin pour la musique de mon film " Olé ! ". Je ne connaissais ni lui, ni sa musique. J’aimais bien son nom, cela sonnait joyeux. Je pensais trouver un personnage sautillant et léger, j’ai rencontré un océan de calme et de simplicité. J’avais envie pour " Olé ! " d’une musique venant d’ailleurs, de là-bas, du côté de l’Andalousie. J’aimais les sévillanes, la musique populaire espagnole. J’ai écouté la musique de Titi, elle venait d’ailleurs, de beaucoup d’ailleurs. Du côté des gitans, de l’Espagne, de l’Inde aussi. Son concert aux " Bouffes du Nord " était magique, inouï, lui, au milieu de sa famille et de ses musiciens exceptionnels, jouant pour un public envoûté. Il a lu mon scénario, il l’a aimé. On a décidé de travailler ensemble. Je lui ai donné mes images , il m’a donné des rumbas festives dansantes qui correspondent à l’univers déjanté de Gad Elmaleh et de Gérard Depardieu, des boléros mélancoliques, nostalgiques d’une Espagne lointaine, qu’on a déclinés à volonté. La musique de fin m’a enchantée avec la voix rocailleuse du chanteur qui raconte si simplement l’histoire d’amour de Carmen et Ramon. On était sur la même longueur d’ondes. On baignait dans les palmas, les cuivres, les guitares, les Olés, les falsetas et les jaleos. La musique a envahi joyeusement le film. Après Titi s’en est allé, tranquille, calme, pour une autre aventure de musique. Là-bas, loin vers le Liban je crois, pour jouer et faire plaisir avec ses musiciens. Florence Quentin
Joueur de ‘ûd, de bouzouq et de guitares, gitan "blanc", la presse a surnommé Thierry "Titi" Robin "Le musicien Voyageur". "Titi" Robin a su imposer, au fil des albums et des concerts, un style qui n’appartient qu’à lui, fait de toutes les musiques gitanes, qu’elles soient d’Inde, d’Europe de l’Est ou d’Espagne. En s’entourant de musiciens de tous horizons, Titi a créé une nouvelle famille musicale, où chacun voit son talent respecté et mis en valeur.
Les rives ont une mémoire, chaque goutte d'eau laisse une trace. Tout petit, j'ai bu, agenouillé sur le bord, comme un animal avide de connaissance, et j'ai appris à nager, parfois à contre-courant, parfois sous l'eau, parfois sur une barque légère et fragile, parfois entouré de compagnes et d'amis, d'enfants. Les rives sont cette école que la vie m'a donnée en cadeau. Si je remonte à la source, c'est pour rendre hommage aux peuples qui ont irrigué ce fleuve de leur sueur, de leurs larmes, de leur sang, de leurs amours et de leurs rêves. Ils sont ma famille, sur les bords du fleuve, où les traces profondes de leur pas ne s'effaceront jamais.
L'Inde du Nord, la Turquie et le Maroc sont les trois sources emblématiques et symboliques où j'ai enregistré tour à tour les trois disques réunis ici.
Titi Robin

