
Pour Gérard Lesne, la ligne droite n'est pas le plus court chemin d'un point à un autre. Autodidacte, il se dirige d'abord par goût vers des répertoires bien loin du classique ou du baroque, son éclectisme musical le poussant un temps vers le rock et le jazz, puis vers la musique électronique.
Au gré des rencontres, il se passionne pour le répertoire médiéval et baroque. Ses mentors sont tout d'abord René Clemencic qui lui fait découvrir, pas à pas, concert après concert, toute la beauté et l'expressivité de la musique italienne. William Christie lui transmet son amour de la musique française de M.A. Charpentier à F. Couperin. Et, sous la direction inspirée de Philippe Herreweghe, il découvre l'exigence de la musique allemande et de J.S. Bach.
Vient ensuite le temps de l'émancipation. Avec son ensemble Il Seminario Musicale qu'il créé en 1985, il aborde sous un éclairage différent, plus intimiste, ses répertoires de prédilection italien et français avec une préférence pour l'intériorité contenue dans les ouvres d'église.
Ensemble, ils ont déjà réalisé vingt-sept disques consacrés, entre autres, à C. Monteverdi, A. Vivaldi, A. Scarlatti, A. Caldara, B. Galuppi, G.B. Pergolèse, G.F. Haendel, M.A. Charpentier, F. Couperin, S. de Brossard, Clérambault, Bach, Bernier, Purcell... Enregistrements souvent primés, notamment par trois Victoires de la musique en 1993, 1995 et 1996.
En 1992, il compose Tempus Fugit, ouvre écrite autour d'haïkus, qu'il crée avec Il Seminario Musicale au festival contemporain de Roma-Europa au Palais Farnese à Rome.
Et la scène ? Il y vient avec des opéras tels que Le Couronnement de Darius et L'Olimpiade de A. Vivaldi, Orlando de G.F. Haendel, Narciso de A. Scarlatti, Saint Jean-Baptiste de A. Stradella. Il a tenu le rôle d'Obéron dans la production lyonnaise du Songe d'une nuit d'été en 1998.
Depuis 1993, Gérard Lesne dirige régulièrement des masterclasses en France, à Royaumont, Lyon, Bordeaux, et à l'étranger. Il enregistre chez Naïve depuis 2000.
Gérard Lesne est sans doute l'un des artistes classiques les plus aptes à favoriser des passerelles entre la musique ancienne et les musiques d'aujourd'hui. N'avoue-t-il pas adorer Arvo Pärt, Michael Nyman, Philip Glass mais aussi la musique électronique d'Underworld, Prodigy, Chemical Brothers, Amon Tobin sans oublier le trip hop de Massive Attack ?
A ce jour, la discographie de Gérard Lesne rassemble une soixantaine d'enregistrements.

