no time between
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Ecrit en un seul trait, sans pointillés, No Time Between est enregistré à la Frette, studio nord-parisien où la première mouture d’Overhead avait déjà commis Silent Witness. Outre le chant et des guitares, Nicolas prend lui-même en charge la batterie. Cette fois-ci, en revanche, pas de producteur pour aider le groupe, trop soudé, trop sûr de ce qu’il veut, trop avide d’apprentissage pour confier sa vision à un tiers extérieur. Seul l’ingénieur du son Denis Cazajeux, qui assiste les trois hommes dans les prises de son et le mixage, peut toucher des doigts le grand album qui se fomente. No Time Between est donc un album urgent, sanguin, concis. Toujours très pictural, il semble tout autant peint que composé. Une immense fresque de treize morceaux, et souvent, dans chacun d’entre eux, plusieurs paysages concomitants, des changements brutaux de température, des passages subits ou progressifs du plein soleil à la tempête impétueuse. Pour s’aider, le groupe s’est d’ailleurs mis à Pro Tools – ce logiciel de composition qui montre la musique sous forme de dessins, d’esquisses, de couleurs. Les explosions de guitares, les murs soniques griffent au fusain noir les aplats pastels, la colère et la rage tâchent de rouge une belle mélancolie pâle et latente. Les morceaux les plus mélodiques, les plus pop, renversants, ont souvent les couleurs légèrement acidifiées par le son brut de guitares et rythmiques à la noblesse très anglaise. Et toujours, en transparence, tapie au fond du puissant son du groupe, l’extraordinaire voix de Nicolas, entre Jeff Buckley et Morrissey, qui caresse les oreilles et chatouille l’âme, qui sublime ses textes désabusés, qui ne semble jamais s’arrêter de monter ; jusqu’aux chutes vertigineuses. Overhead, une tête au dessus : c’était à l’époque de Silent Witness une possibilité, c’est maintenant une évidence. Le groupe, habité par une sensibilité musicale et lyrique qu’on ne croise presque jamais chez leurs homologues d’ici, peut effectivement dorénavant toiser ses contemporains froggies à guitares avec orgueil et fierté. Et, le torse bombé, chercher des noises aux meilleurs d’outre-manche ou d’Amérique.

Autres oeuvres
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L'artiste

D’Overhead, oubliez ce que vous savez. Leur premier album, le splendide Silent Witness, paru en octobre 2002, collection schizophrène de morceaux à la grâce balancée entre jazz et rock, avait pourtant fait se pâmer une critique unanimement prise de vertiges amoureux. Mais, déjà, vient une révolution, de celles qu’on écrit en rouge.

Overhead était « le groupe de Nicolas Leroux », l’homme aux cordes vocales équilibristes, flirtant avec la stratosphère ou, l’instant d’après, traînant son spleen à la cave. Overhead a changé. Overhead est Overhead, tout court : les anciens membres, faute de concordance parfaite entre leurs aspirations jazz et celles plus rocailleuses de Nicolas, ont pris le large. Le chanteur, seul dans la barque, fusionne alors avec deux nouveaux membres. Chakib Chambi, frais guitariste déjà vu sur scène auprès de la première mouture d’Overhead, et Richard Cousin, bassiste échappé d’Holden ; deux jeunes hommes qui partagent avec Nicolas un goût dominateur pour le rock et qui, comme lui, ont baigné leurs adolescences dans des fantasmes de fog et d’humeurs britanniques. Overhead est devenu un groupe, un gang, l’harmonie achevée de trois cousins d’esprit.

Overhead peut alors, à la croisée des chemins, prendre la direction qui lui sied le mieux, épouser sa propre culture historique, le rock. Nicolas, Richard et Chakib citent dans le texte, dans leur son et leurs compositions, des influences rêvées : les Cure, My Bloody Valentine, Talk Talk, les Cocteau Twins, Sonic Youth, les Smiths, Pavement, Les Pixies, Interpol, Radiohead – à qui on les compare souvent, et trop facilement. Autant d'ascendants qu’Overhead fond dans ce qui fait Overhead : son songwriting à froisser le cœur, son talent unique pour les progressions envoûtantes, pour les climats cinématiques qui remuent les tripes.

Nicolas Leroux, le graphiste de formation, a déchiré sa première peinture, pourtant inoubliable. Quelques concerts et showcases, avant la scission, avaient déjà montré la mutation en cours d’Overhead. Mais No Time Between est une toile vierge, et Chakib, Nicolas et Richard ses trois peintres. L’album a été écrit et enregistré dans l’urgence, en quelques mois seulement : moins d’un an après la parution du premier Silent Witness, Richard, Chakib et Nicolas, penchés sur la confection de son successeur, oeuvraient à la révolution d’Overhead.

Nicolas s’est enfermé quinze petits jours pour écrire ses paroles, nourries au délicat pessimisme d’un homme observant les sales choses de haut, en biais ; et ce toujours en anglais, langue des sentiments universels que son long passage à Londres lui a permis de maîtriser fluently. Musicalement, les trois hommes se sont trouvés une alchimie parfaite, un esprit en communion constante, des idées hautement compatibles : de quoi tuer la panne d’inspiration.

no time between

Ecrit en un seul trait, sans pointillés, No Time Between est enregistré à la Frette, studio nord-parisien où la première mouture d’Overhead avait déjà commis Silent Witness. Outre le chant et des guitares, Nicolas prend lui-même en charge la batterie. Cette fois-ci, en revanche, pas de producteur pour aider le groupe, trop soudé, trop sûr de ce qu’il veut, trop avide d’apprentissage pour confier sa vision à un tiers extérieur. Seul l’ingénieur du son Denis Cazajeux, qui assiste les trois hommes dans les prises de son et le mixage, peut toucher des doigts le grand album qui se fomente.

No Time Between est donc un album urgent, sanguin, concis. Toujours très pictural, il semble tout autant peint que composé. Une immense fresque de treize morceaux, et souvent, dans chacun d’entre eux, plusieurs paysages concomitants, des changements brutaux de température, des passages subits ou progressifs du plein soleil à la tempête impétueuse. Pour s’aider, le groupe s’est d’ailleurs mis à Pro Tools – ce logiciel de composition qui montre la musique sous forme de dessins, d’esquisses, de couleurs. Les explosions de guitares, les murs soniques griffent au fusain noir les aplats pastels, la colère et la rage tâchent de rouge une belle mélancolie pâle et latente. Les morceaux les plus mélodiques, les plus pop, renversants, ont souvent les couleurs légèrement acidifiées par le son brut de guitares et rythmiques à la noblesse très anglaise. Et toujours, en transparence, tapie au fond du puissant son du groupe, l’extraordinaire voix de Nicolas, entre Jeff Buckley et Morrissey, qui caresse les oreilles et chatouille l’âme, qui sublime ses textes désabusés, qui ne semble jamais s’arrêter de monter ; jusqu’aux chutes vertigineuses.

Overhead, une tête au dessus : c’était à l’époque de Silent Witness une possibilité, c’est maintenant une évidence. Le groupe, habité par une sensibilité musicale et lyrique qu’on ne croise presque jamais chez leurs homologues d’ici, peut effectivement dorénavant toiser ses contemporains froggies à guitares avec orgueil et fierté. Et, le torse bombé, chercher des noises aux meilleurs d’outre-manche ou d’Amérique.

Pour en savoir plus
L'album
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Ref
 NV800411

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