
LA VOCE DI ORFEO
Gli amori di Francesco Rasi
Furio Zanasi (baryton)
Giulio Casati (narrateur)
La Chimera :
Sabina Colonna Preti (viole de gambe | violone | lirone)
Marina Bonetti (harpe triple)
Eduardo Egüez (luth | archiluth | chitarrone | guitare baroque)
François Fernandes (violone)
"Le programme conçu par La Chimera propose en effet un parcours articulé en trois temps, chacun d’entre eux représentant un état amoureux que Francesco Rasi expérimentait régulièrement à travers les oeuvres qu’il chantait et qu’il composait.
La première section, centrée autour du désir, met en valeur les deux pôles chronologiques du répertoire, à travers les fi gures de Benedetto Ferrari et Giulio Caccini : si celui-ci, professeur de Rasi à Florence, est l’un des premiers à avoir composé pour voix seule et basse continue, Ferrari appartient à une génération pour laquelle le style monodique constituait le véhicule naturel de l’expression musicale. La section centrale évoque la fi gure d’Orphée, et s’organise selon un parcours qui retrace l’histoire du chanteur mythique. Il faut relever ici, à côté des oeuvres de Monteverdi et Gagliano que Rasi fréquentait quotidiennement, le remarquable air de Sigismondo d’India mettant en musique la perte défi nitive de la bien aimée. D’India, sûrement le plus grand compositeur de monodies de son temps avec Monteverdi, avait fait plusieurs séjours à la cour de Florence et à Mantoue au cours de la première décennie du XVIIe siècle.
Enfi n, la dernière partie du disque est consacrée à l’impossibilité amoureuse et aux souffrances qu’elle provoque, thème cher s’il en fut aux poètes de la Renaissance et du Baroque. Des différentes oeuvres présentées ici, la plus surprenante est sans nul doute la dernière. La lecture musicale particulièrement légère qu’Antonio Brunelli propose de la célèbre plainte du poète fl orentin Rinuccini s’éloigne autant qu’il est possible du chef-d’oeuvre bien connu de Monteverdi, bâti sur le même texte. Peut-être doit-on y voir l’insouciance avec laquelle Rasi, condamné dans sa patrie à la peine de mort par pendaison et écartèlement, a continué de chanter pendant plus de dix ans dans les cours d’Italie et d’Europe sans être inquiété, protégé qu’il était par ses magnifi ques talents vocaux et instrumentaux."
Symbole mythologique et alchimique de la transformation
Sabina Colonna-Preti fonde en 2001 l’ensemble de violes de gambe La Chimera, qui, depuis la rencontre avec Eduardo Egüez, a pris une nouvelle forme : tout en conservant sa caractéristique sonore d’origine d’ensemble de violes, La Chimera est devenue une formation à géométrie variable composée d’artistes de renom international. L’activité de La Chimera se concentre sur la création de projets originaux où convergent diverses formes d’art, avec un intérêt particulier pour les liens entre le monde ancien et le monde moderne.
La première réalisation de La Chimera, Buenos Aires Madrigal, a fait l’objet d’un enregistrement dans la série « Early Fusion », fort bien accueilli par la critique internationale. Lors de sa création aux Bouffes du Nord (Paris), le spectacle a remporté un immense succès. Avec Buenos Aires Madrigal, La Chimera s’est produit ensuite en France (Opéra de Lille, Millau, Villefranche-de-Rouergue, Rodez, Sarrebourg, Noirlac, Poitiers, Paris), en Belgique (Flawinne, Bruxelles, Liège), en Italie (Teatro Ponchielli de Cremona), au Luxembourg et en Espagne (Gijón et Bilbao).
Dans son deuxième projet, Tonos y Tonadas, La Chimera a mêlé éléments musicaux et littéraires du Baroque espagnol au folklore latino-américain actuel. Ce programme a été donné en concert à Ancona (Italie), au Portugal (Festival international de musique de Mafra), à la Maison de Radio France à Paris, au Festival de Lanvellec, au Festival de Namur et à Luxembourg. Un troisième album a paru chez Naïve, La Voce di Orfeo, où l’ensemble, en petite formation, rend hommage au ténor italien Francesco Rasi, l’Orphée de l’opéra de Monteverdi.

