
Frédéric CHOPIN 1810-1849
IMPRESSIONS ON CHOPIN
1 Prélude no. 26 Op. posth.
My secret love Bobby Sherwood
2 Mazurka no. 2 Op. 24
3 Etude no. 6 Op. 10
4 Mazurka no. 2 Op. 33
5 Nocturne no. 1Op. 15
6 Etude Op. 25 no. 9
7 Mazurka Op. 68 no. 3
8 Etude no. 4 Op. 25
Segment - Charlie Parker
9 Mazurka no. 1 Op. 24
10 Prelude no. 7 Op. 28
11 Mazurka no. 4Op. 57
12 Prelude no. 3 Op. 28
13 Nocturne no. 3 Op. 15
14 Contredanse Op. posth.
15 Mazurka no. 1 Op. 24
Monument de la musique romantique, Chopin est aussi un révolté qui toute sa vie s’est éloigné des sentiers battus, recherchant toujours de nouveaux moyens d’expression.
Le polonais Leszek Mozdzer, pianiste de jazz de formation classique, est lui-même à la recherche de nouveaux modes de musique qu’il veut comme de véritables provocations. Personnage charismatique et véritable star en Pologne, il s’engage toujours avec passion dans ses projets non conventionnels. Sa fascination pour la musique de Chopin se reflète dans chacune de ses impressions.
Leszek Mozdzer est né en 1971, il appartient donc à la génération qui considère le Romantisme tout au plus comme un épisode de l’Histoire. En gravissant tous les échelons de l’éducation musicale en Pologne, il a étudié en profondeur l’œuvre de Chopin, l’œuvre originale, conforme à la lettre et à l’esprit du compositeur. Mais Mozdzer est aussi un enfant de son temps, formé par les stars de la culture pop — Depeche Mode et Metallica, Sylvester Stallone et Andy Warhol, les Rolling Stones et Vanessa Mae, la musique techno, le jazz et pour finir le raz-de-marée de l’information de cette fin du XXe siècle. Mozdzer n’a pas l’intention de revenir plus de cent ans en arrière et de faire comme si le monde de Chopin était le sien. Une mazurka, un nocturne ou une étude de Chopin sont pour lui pratiquement des standards au même titre que So What de Davies ou Giant Steps de Coltrane. Un standard transmis de génération en génération est une sorte de message artistique qu’enrichissent les interprétations successives. A première vue, il semble que c’est justement sur ce point que se rencontrent la musique classique et le jazz, mais pourtant le radicalisme de Mozdzer est un défi qui va beaucoup plus loin En effet, il ne s’agit pas seulement d’une autre manière de jouer une même pièce, mais de l’intégrer à un mélange singulier de divers motifs musicaux ! Dans le monde de musique sans frontières de Leszek Mozdzer, la mazurka polonaise fonctionne à côté du ragtime, du flamenco et du calypso cubain, et le rubato de Chopin est parfois remplacé par une pulsation de swing. L’harmonie originale devient également un champ d’expérimentation et les nombreuses préparations du piano confèrent à la musique des valeurs sonores entièrement nouvelles, parfois éloignées du son traditionnel de Chopin. C’est plus qu’une révolution!
Le problème que Leszek Mozdzer a suscité avec sa conception inédite de la musique de Chopin doit être pris au sérieux, car il a été posé — et même ses adversaires l’admettent — par un talent pianistique extraordinaire, un jeune artiste possédant une expérience d’une richesse sidérante qui explique en partie l’essence de son approche.
Diplômé du Conservatoire de Musique Stanislaw Moniuszko de Gdansk où il a été dans la classe de Andrzej Artykiewicz, il connaît en pratique la littérature pianistique classique fondamentale, et en particulier Chopin, ce qui est une spécificité évidente des études musicales polonaises. Mozdzer fait ses débuts dans le jazz en 1991 avec le groupe d’avant-garde Milosc (Amour), plein d’idées folles et surréalistes et qui a inscrit dans son programme le mot de Yass (orthographe phonétique opposée à Jazz), exprimant ainsi une alternative symbolique au courant conservateur du jazz polonais. Les années suivantes, le jeune pianiste a fait une carrière fulgurante — il a amassé pratiquement tous les prix polonais possibles, depuis une distinction au festival Jazz Junior de Cracovie (1991) jusqu’au Frederic, le prestigieux prix de l’industrie phonographique polonaise, dans la catégorie Musicien de Jazz de l’Année (1998). Il s’est produit aux côtés des meilleurs jazzmen polonais, comme Tomasz Stanko, Zbigniew Namyslowski ou Michal Urbaniak, il a également travaillé avec les stars mondiales du jazz: Lester Bowie, Arthur Blythe, Buster Williams, Billy Hart, Joe Lovano et Archie Shepp sont seulement quelques-uns des musiciens avec lesquels il a fait des enregistrements et des concerts. Il a visité la plupart des pays européens, joué aux États-Unis. En fait, il joue sans cesse — dans diverses constellations, diverses variantes stylistiques. Les duos sont devenus l’une de ses spécialités — entre autres avec le saxophoniste polonais Adam Pieronczyk ou le contrebassiste américain David Friesen.
Le style de Leszek Mozdzer procède de deux figures fondamentales du jazz contemporain — Chick Corea et Herbie Hancock. Mozdzer traite le clavier de son instrument d’une manière éminemment rythmique, presque en percussionniste — même dans les impressions de Chopin! Le dynamisme de l’action musicale est à la base de l’idée de la construction formelle de l’œuvre et de l’improvisation, bien que Mozdzer sache aussi être un poète de l’harmonie et un maître de l’ambiance. C’est un musicien aux capacités d’invention pratiquement inépuisables.
Pour être certes la plus spectaculaire, ce n’est qu’une facette de son travail, car le pianiste n’a pas cessé d’être un musicien classique à sa sortie du Conservatoire. Il est invité par d’éminents ensembles de chambre pour des interprétations commune de Bach ou de musique contemporaine il s’essaie lui-même, avec succès, à la composition d’œuvres pour des formations orchestrales plus importantes, comme par exemple le projet spécial pour instruments à cordes (orchestre des jeunes Aukso) avec piano concertant et improvisant qui a reçu un accueil chaleureux au festival Jazz Jamboree 98. C’est un partenaire hautement apprécié et recherché dans les situations atypiques qui demandent rapidité, invention et créativité maximale. Il possède la capacité rare de lier dans son travail divers genres musicaux.
Il se produit souvent aux côtés de musiciens classiques reconnus, par exemple Akibo Ebi et Marc Laforêt au festival de piano de Chartres ou au festival Bravo Maestro créé par Vadim Brodski à Tarnow, en Pologne. En mai 1999, Leszek Mozdzer a donné un vaste récital au IIIe Festival de Musique de la Radio Polonaise (Chopin 1999 — Sources et contextes). Les enregistrements de ce concert fort apprécié par l’EBU (European Broadcasting Union) ont été diffusés par plusieurs radios d’Europe et d’Amérique.
La très riche activité de Leszek Mozdzer suscite un immense intérêt et souvent un grand enthousiasme, particulièrement parmi les jeunes auditeurs. L’artiste veut poursuivre son oeuvre « transgenres ».
Leszek Mozdzer exécute depuis assez longtemps une partie des compositions de Frédéric Chopin qui figurent sur le disque, il en modifie sans cesse les arrangements en les enrichissant de nouvelles digressions et d’un nouvel habillage sonore. Contrairement à une partition écrite établie une fois pour toutes, sa conception de la musique de Chopin est changeante, créative, pleine d’énigmes et d’idées à peines esquissées. C’est une sorte de happening auquel le jeune artiste mêle les auditeurs, comptant sur notre fantaisie, notre ouverture d’esprit et notre sens de l’humour.
Keep swingin’ Chopin!

