Henry Purcell, O solitude & songs
Henry Purcell, O solitude & songs

"L'on connaît suffisamment les Talents extraordinaires de l'Auteur dans toutes sortes de Musique ; mais il fut tout spécialement admiré pour sa Musique vocale, ayant un Génie particulier pour l'expression de cette Énergie des Paroles anglaises, grâce auquel il excitait les Passions et provoqua l'Admiration de tous ses Auditeurs." C'est ainsi que son ami intime Henry Playford parle de Purcell dans la préface de la grande anthologie de ses chants, Orpheus Britannicus, qu'il publie peu après la mort prématurée du compositeur. Et en effet ce véritable Orphée montre dans ses songs pour voix seule un don unique pour faire ressortir l'essence même du texte. Son génie embrasse tout autant airs à boire (Bacchus is a pow'r divine) que deuil national (The Queen's Epicedium, composé pour la mort de sa patronne la reine Marie), badinages d'amour (In Cloris all soft charms agree) que méditations religieuses (Now, now that the sun hath veil'd his light). Purcell réussit le tour de force d'être le miroir fidèle de tous les aspects de son époque protéiforme, tout en la transcendant par la vie intense, l'indicible émotion qui se dégagent de chacun de ces joyaux. Le sommet de son art vocal se situe sans doute dans le célèbre O Solitude, traduit (le sait-on ?) d'un poème français de Saint-Amant et fondé sur un de ces ground basses magistraux dont le compositeur avait le secret. Dans ce répertoire qui constitue la pierre de touche pour tous les contre-ténors, Gérard Lesne se montre encore une fois le digne successeur des mythiques Alfred Deller et Henri Ledroit.

Autres oeuvres
8
alto

Pour Gérard Lesne, la ligne droite n'est pas le plus court chemin d'un point à un autre. Autodidacte, il se dirige d'abord par goût vers des répertoires bien loin du classique ou du baroque, son éclectisme musical le poussant un temps vers le rock et le jazz, puis vers la musique électronique.
Au gré des rencontres, il se passionne pour le répertoire médiéval et baroque. Ses mentors sont tout d'abord René Clemencic qui lui fait découvrir, pas à pas, concert après concert, toute la beauté et l'expressivité de la musique italienne. William Christie lui transmet son amour de la musique française de M.A. Charpentier à F. Couperin. Et, sous la direction inspirée de Philippe Herreweghe, il découvre l'exigence de la musique allemande et de J.S. Bach.
Vient ensuite le temps de l'émancipation. Avec son ensemble Il Seminario Musicale qu'il créé en 1985, il aborde sous un éclairage différent, plus intimiste, ses répertoires de prédilection italien et français avec une préférence pour l'intériorité contenue dans les ouvres d'église.
Ensemble, ils ont déjà réalisé vingt-sept disques consacrés, entre autres, à C. Monteverdi, A. Vivaldi, A. Scarlatti, A. Caldara, B. Galuppi, G.B. Pergolèse, G.F. Haendel, M.A. Charpentier, F. Couperin, S. de Brossard, Clérambault, Bach, Bernier, Purcell... Enregistrements souvent primés, notamment par trois Victoires de la musique en 1993, 1995 et 1996.
En 1992, il compose Tempus Fugit, ouvre écrite autour d'haïkus, qu'il crée avec Il Seminario Musicale au festival contemporain de Roma-Europa au Palais Farnese à Rome.
Et la scène ? Il y vient avec des opéras tels que Le Couronnement de Darius et L'Olimpiade de A. Vivaldi, Orlando de G.F. Haendel, Narciso de A. Scarlatti, Saint Jean-Baptiste de A. Stradella. Il a tenu le rôle d'Obéron dans la production lyonnaise du Songe d'une nuit d'été en 1998.
Depuis 1993, Gérard Lesne dirige régulièrement des masterclasses en France, à Royaumont, Lyon, Bordeaux, et à l'étranger. Il enregistre chez Naïve depuis 2000.
Gérard Lesne est sans doute l'un des artistes classiques les plus aptes à favoriser des passerelles entre la musique ancienne et les musiques d'aujourd'hui. N'avoue-t-il pas adorer Arvo Pärt, Michael Nyman, Philip Glass mais aussi la musique électronique d'Underworld, Prodigy, Chemical Brothers, Amon Tobin sans oublier le trip hop de Massive Attack ?
A ce jour, la discographie de Gérard Lesne rassemble une soixantaine d'enregistrements.

Pour en savoir plus
L'album
Henry Purcell, O solitude & songs
Ref
 E8882

1
 O solitude, my sweet…
2
 If music be the food…
3
 The fatal hour comes…
4
 What a sad fate is m…
5
 While Thirsis, wrapp'd in downy sleep (A pastoral coronation song, Z 437)
6
 Air instrumental (The Indian Queen) (Semi-opera, Z 630)
7
 Air lent (Distressed Innocence) (Incidental Music, Z 577)
8
 I attempt from love's sickness instrumental (The Indian Queen, semi-opera, Z 630)
9
 Ask me to love no more (Song, Z 368)
10
 Beneath a dark and melancholy grove (Sappho's complaint, Z 461)
11
 Sighs for our late Sovereign Charles the Second (If pray'rs and tears, Z 380)
12
 Incassum Lesbia, incassum rogas (The Queen's Epicidium, Z 383)
13
 In Cloris all soft charms agree (Song, Z 384)
14
 A thousand sev'ral ways I tried to hide (Z 459)
15
 Intermède instrumental
16
 Bacchus is a pow'r divine (Song, Z 360)
17
 Intermède instrumental
18
 Song Tune instrumental
19
 Young Thirsis' fate ye hills and groves deplore (On the death of Thomas Farmer, Z 473)
20
 Now that the sun hath veiled his light (An evening hymn, Z 193)
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