
Produit par Gringo da Parada, un des créateurs de La Favela Chic sur son tout récent label FLA FLU PROD, mixé par Renaud Letang, " Cru ", c’est la chair, et pas les oripeaux : Côté textes, des paroles engagées de " Eu sou Favela ", d’amour dans " Tive Razão " ; côté son, cette reprise tendue du " Chatterton " de Gainsbourg, veloutée du " Don’t " d’Elvis, -M- qui pose une guitare, l’ironique " Mania de Peitao "… Bossa, rock dépouillé, chanson, " Cru " est inclassable et complètement générationnel. Déjà considéré par les plus grands artistes brésiliens (Caetano Veloso, Chico Buarque, Jorge Ben) comme leur plus digne successeur, ce nouvel album de Seu Jorge, intimiste et surprenant, est la trace d’une présence humaine et artistique hors du commun.
M’sieu’ Jorge ne manque pas de ressources, son
éveil à l¹expression artistique, dans le théâtre, l’a sorti de la rue et lui a appris une grande liberté d’expression(s) : le cinéma, comme acteur,
bien sûr, on se rappelle son rôle de chauffeur de bus dans « La cité de Dieu », et celui de... chanteur des tubes de Bowie dans « Life aquatic », et de sa propre musique dans « Moro no Brasil », du Finlandais Mika Kaurismäki, mais
aussi comme auteur de soundtracks. Et, justement, la musique, depuis son groupe d’origine Farofa Carioca, jusqu’à un impressionnant duo live avec Ana
Carolina, en passant par « Samba esporte fino », réalisé avec Mario Caldato (producteur des Beastie Boys). Et par « Cru », cet opus échappant à l’imagerie conventionnelle du Brésil : une entrée triomphale dans la cour des grands, en France (avec l’effet grossissant de l’Année du Brésil) et au Japon, notamment.

