
Frédéric Chopin (1810-1849)
Préludes opus 28, Sonata no.2 opus 35 & Etudes opus 25
CD 1
Frédéric Chopin
24 Préludes op.28 (1838-1839)
CD 2
Frédéric Chopin
Sonate no.2 in B flat minor op.35 (1839)
12 Etudes op.25 (1832-1836)
Grigory Sokolov PIANO
“Les premières décennies du XIXe siècle marquent un véritable tournant dans le monde du piano. À l’instar du violoniste italien Niccolò Paganini, des pianistes virtuoses comme Friedrich Kalkbrenner, Johann Nepomuk Hummel, Ignaz Moscheles, Franz Liszt, Clara Schumann et bien sûr Frédéric Chopin tentent – tant comme interprètes que comme compositeurs – de repousser toujours plus loin les limites de leur instrument. Un instrument qui n’a d’ailleurs plus grand chose à voir avec les piano-forte du XVIIIe siècle !
La création d’un cadre métallique d’une seule pièce, des cordes plus longues et plus solides, l’invention du système à répétition ou double échappement comptent au nombre des multiples innovations qui font de l’instrument un véritable laboratoire des sonorités et des prouesses digitales. Ce bouleversement doit beaucoup à une collaboration étroite entre facteurs de piano et compositeurs-interprètes. Ainsi, dès 1829, Friedrich Kalkbrenner s’associe au travail du facteur Camille Pleyel. Et c’est à ce dernier que Chopin dédie en 1839 les éditions française et anglaise des Préludes opus 28.
Cette révolution technique et les nouveaux défi s qu’elle suscite portent en eux la nécessité d’y former la main de l’exécutant au moyen d’exercices spécifi ques. Si, dans la première moitié du XVIIIe siècle, des compositeurs comme Johann Sebastian Bach, Domenico Scarlatti ou Jean-Philippe Rameau s’étaient consacrés dans leur production pour clavier à des oeuvres de type didactique, la virtuosité pure jouait dans la seconde moitié du siècle un rôle de bien moindre importance. Elle réapparaît au début du XIXe sous la plume d’un Muzio Clementi, qui publiera, entre 1817 et 1826, les trois volumes de son Gradus ad Parnassum.
Le genre de l’étude connaît alors son heure de gloire, et avant même la publication de l’opus 10 de Frédéric Chopin en 1833, des recueils d’études de Johann Baptist Cramer, Carl Czerny et Ignaz Moscheles ont déjà paru, les dernières présentant la particularité d’être des études de concert destinées à l’exécution publique et non des exercices à usage privé. En dédiant son opus 10 au virtuose Franz Liszt, dont Chopin disait qu’il aurait aimé lui voler la manière dont il interprétait ses études, le compositeur polonais se place lui aussi bien évidemment dans ce registre. L’opus 25, publié en 1837 et portant une dédicace à Marie d’Agoult, la compagne de Liszt, semble encore plus impressionnant, non pas tant en raison d’un degré de diffi culté plus élevé que parce que ces douze études donnent l’impression de former un tout parfaitement cohérent.”
Claire Badiou (extrait du livret)
COFFRET 2 CD + 1 LIVRE
Né à Saint-Pétersbourg, Grigory Sokolov entreprend l’étude du piano dès l’âge de cinq ans, suscitant l’attention du monde musical russe pour ses dons extraordinaires et précoces. À l’âge de sept ans, il est admis au Conservatoire de sa ville natale dans la classe de Leah Zelikhman, En 1966, tout juste âgé de seize ans, Grigory Sokolov s’impose au monde musical comme étant l’un des talents les plus intéressants et plus prometteurs de sa génération en remportant le Premier Prix du Concours Tchaïkovski à l’unanimité d’un jury présidé par Emil Guilels.
La profondeur de son approche musicale, l’étendue de son répertoire (de Byrd à Schoenberg), le sérieux et l’originalité de ses intentions musicales ainsi que la précision dans ses réalisations, trouvent auprès du public et de la critique mondiale la plus haute reconnaissance. Il est invité régulièrement dans les plus importantes salles de concert en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Il a joué à Londres, Paris, Vienne, Berlin, Amsterdam, Munich, New York… et il a collaboré avec les orchestres les plus prestigieux, tels que les Philharmoniques de New York, de Londres, de Munich, et avec plus de 200 chefs d’orchestre comme Myung Whun Chung, Neeme Järvi, Herbert Blomstedt, Sakari Oramo, Valery Gergiev, Trevor Pinnock…
Sokolov mène avec Melodya et aujourd’hui Opus 111 des enregistrements de ses concerts en live dont la critique ne cesse de faire l’éloge. Ainsi sont nés des enregistrements historiques de pièces de Bach, Beethoven, Chopin, Schubert, Brahms, Rachmaninov, Prokofiev. Au sujet de l’enregistrement de L’Art de la Fugue chez Opus 111, le critique Bill Newman décrit l’interprétation de Sokolov comme « habitée de hardiesse, de clarté et de brio rythmique (…) celle d’un pianiste fabuleux. ». Sa version des Variations Diabelli (Opus 111) est également saluée par la critique.
Les interprétations de Grigory Sokolov exploitent toutes les couleurs de l’instrument, contrastent les moindres nuances de la partition. Son talent associe une personnalité volcanique à une incomparable stature musicale.

