
" J’ai toujours considéré un disque comme une œuvre indépendante des contingences professionnelles (tournées, promotion…). C’est comme un bouquin que j’écris, et que j’imagine pouvoir être lu dans toutes les langues, dans des circonstances très diverses : la nuit, le jour, en voiture, sur la plage, au boulot, seul dans la ville, à l’heure de pointe, ou en amoureux au balcon d’une barre d’immeubles du quartier nord, à la terrase d’un bistrot, le dimanche matin, en bordure du marché aux fripes et légumes, ou bien près du puit d’un village rajasthani, à la tombée du jour, …et j’aimerais qu’il puisse être apprécié tout frais dès sa sortie comme dans cinquante ans, ou plus si affinité. L’histoire que ce livre raconte, c’est l’état de mon ciel le jour ou ma plume griffe la page. Plus on creuse, plus l’horizon s’élargit. Alors que les enregistrements de mes disques ont souvent été l’occasion d’inviter de nombreux musiciens, avec qui je ne tournais pas forcément sur scène, mais qui convenaient idéalement à l’interprétation d’un ou plusieurs morceaux, pour celui-ci, j’ai invité un comité de musiciens plus restreint, et qui correspond en grande partie à ceux qui m’entourent pour les spectacles. Il y a avant tout ce trio formidable (Francis Varis à l’accordéon, Kalou Stalin à la basse et Ze Luis Nascimento aux percussions) qui m’accompagne toute l’année au sein de JIVULA, du QUINTET et du TRIO, et que j’ai souhaité omniprésent tout au long des morceaux de ce disque. Le cantaor flamenco Jose Montealegre, qui chante au sein du QUINTET, est venu magnifier la suite musicale que j’ai écrite autour du ‘oud. Les frères Saadna, (Los Rumberos Catalans), avec qui je joue depuis de nombreuses années, m’ont rejoint pour clore le disque dans la fête gitane, comme nous l’aimons tant. A l’occasion de la composition de la bande originale du film de Manuel Boursinhac " La Mentale ", j’avais utilisé un orchestre à cordes, composé essentiellement d’altos, violoncelles et contrebasses. J’ai prolongé cette expérience ici, grace aux subtils arrangements de Francis Varis, sur trois thèmes. Silvio Soave, avec qui j’ai réalisé tous mes disques depuis GITANS, en 1992, est à nouveau de l’aventure pour concrétiser (par l’enregistrement et le mixage) ce projet. Et puis cette année est apparue sur scène une nouvelle formation, qui réunit autour de Gulabi Sapera et moi-même la nouvelle génération familiale. Maria, au chant, et La Coque, aux percussions, m’ont rejoint en studio pour enrichir ce disque de leur art tout neuf et déjà magique et troublant. Et de quoi parle ce disque, quelles sont ces vagues ? La réponse est dans la musique, dans votre écoute, peut-être aussi dans nos amours. Titi Robin, été 2005
Joueur de ‘ûd, de bouzouq et de guitares, gitan "blanc", la presse a surnommé Thierry "Titi" Robin "Le musicien Voyageur". "Titi" Robin a su imposer, au fil des albums et des concerts, un style qui n’appartient qu’à lui, fait de toutes les musiques gitanes, qu’elles soient d’Inde, d’Europe de l’Est ou d’Espagne. En s’entourant de musiciens de tous horizons, Titi a créé une nouvelle famille musicale, où chacun voit son talent respecté et mis en valeur.
Les rives ont une mémoire, chaque goutte d'eau laisse une trace. Tout petit, j'ai bu, agenouillé sur le bord, comme un animal avide de connaissance, et j'ai appris à nager, parfois à contre-courant, parfois sous l'eau, parfois sur une barque légère et fragile, parfois entouré de compagnes et d'amis, d'enfants. Les rives sont cette école que la vie m'a donnée en cadeau. Si je remonte à la source, c'est pour rendre hommage aux peuples qui ont irrigué ce fleuve de leur sueur, de leurs larmes, de leur sang, de leurs amours et de leurs rêves. Ils sont ma famille, sur les bords du fleuve, où les traces profondes de leur pas ne s'effaceront jamais.
L'Inde du Nord, la Turquie et le Maroc sont les trois sources emblématiques et symboliques où j'ai enregistré tour à tour les trois disques réunis ici.
Titi Robin

