Black earth
Black earth

Le pianiste turc Fazil Say rejoint Naïve et présente son nouvel album. Après un début de carrière fulgurant qui en fait l'un des pianistes les plus remarqués et les plus populaires du monde et des enregistrements consacrés à Mozart, Bach, Gershwin ou Stravinski qui ont marqué la discographie classique, Fazil Say présente ici une autre facette de son art : ses propres compositions. Fazil Say a commencé l'apprentissage du piano et de la composition en même temps, à l'âge de 5 ans. D'Ankara à Berlin où il a étudié, puis à New York où il a démarré sa carrière internationale, avant de retrouver ses racines et de s'installer à Istanbul, ce pianiste atypique, né d'un père écrivain et d'une mère pharmacienne, se passionne pour l'improvisation et le jazz : "Art Tatum ou Ravi Shankar nourrissent mon inspiration autant que Bach ou Beethoven", aime-t-il à dire. Tous ceux qui ont assisté à un récital de Fazil Say ont entendu quelques-unes de ses propres compositions, données en "bis", dont le célèbre "Black Earth" (Terre noire), pièce pour piano seul, inspirée d'une chanson populaire turque, dans laquelle Fazil , évoquant le saz, instrument traditionnel turc, joue à la fois les touches du clavier et les cordes à l'intérieur du piano pour le faire sonner d'une manière incroyable... Le reste du programme est consacré à sa sonate pour violon et piano , conçue comme un voyage rêvé à travers l'Anatolie - avec Laurent Korcia au violon - deux concertos pour piano, "Silence of Anatolia", avec l'Orchestre National de France, dirigé par Eliahu Inbal, et "Silk Road" avec l'Orquestra de Cãmara Gulbenkian, dirigé par Muhai Tang. Le disque se termine par ses célèbres Variations sur un Caprice de Paganini , puis "Dervish in Manhattan", avec un quartet de jazz et le virtuose du ney Kudsi Erguner.

Autres oeuvres
10
Fazil Say

Grâce à ses extraordinaires talents pianistiques, Fazil Say touche depuis vingt-cinq ans public et critique d’une manière devenue rare dans un monde de la musique classique de plus en plus structuré et organisé de part en part. Les concerts de cet artiste sont différents : plus directs, plus ouverts, plus excitants – en un mot : ils font mouche. C’est exactement ce que pensa le compositeur Aribert Reimann lorsqu’en 1987, il entendit un peu par hasard à Ankara le jeune pianiste alors âgé de dix-sept ans. Il demanda sur le champ à son accompagnateur, le pianiste américain David Levine, de se rendre au conservatoire de la ville, en se contentant de ces mots : « Il faut absolument que tu l’entendes, il joue comme un diable. »
Fazil Say fut d’abord l’élève de Mithat Fenmen, qui avait lui-même étudié à Paris auprès d’Alfred Cortot. Pressentant peut-être toute l’ampleur du talent de son élève, Fenmen lui demanda d’improviser tous les jours sur des thèmes du quotidien avant de s’atteler aux indispensables exercices et études. C’est sans nul doute dans ce contact régulier avec des processus de création et des formes libres qu’il faut chercher l’origine de l’immense talent d’improvisateur et de la vision esthétique qui font de Fazil Say le pianiste et le compositeur qu’il est. En tant que compositeur, il a écrit entre autres pour le Festival de Salzbourg, le WDR, le Konzerthaus de Dortmund, les festivals de Schleswig-Holstein et de Mecklembourg-Poméranie, ainsi que pour la Biennale de Munich. Son oeuvre comprend des compositions pour piano, de la musique de chambre mais aussi des concertos ainsi que de grandes oeuvres pour orchestre.
À partir de 1987, Fazil Say a parfait sa formation de pianiste auprès de David Levine, d’abord au Conservatoire Robert Schumann de Düsseldorf puis à Berlin. C’est là que ses interprétations de Mozart et de Schubert trouvent leur origine esthétique. Sa technique exceptionnelle lui permit très vite de maîtriser avec une parfaite aisance toutes les grandes compositions du répertoire. Et c’est justement ce mélange de finesse (chez Haydn, Bach et Mozart) et de virtuosité (dans les oeuvres de Liszt, Moussorgski ou Beethoven) qui lui valut en 1994 la victoire lors du concours international Young Concert Artists à New York. Fazıl Say se produisit ensuite avec tous les orchestres américains et européens les plus réputés, sous la direction de nombreux grands chefs, s’appropriant ainsi un vaste répertoire qui va de Bach à la musique contemporaine (y compris ses propres compositions), en passant par ces « classiques » que sont Haydn, Mozart et Beethoven, sans oublier les romantiques.
Fazıl Say s’est produit depuis sur tous les continents ; Le Figaro le considère comme « un génie ». Mais il mène également une carrière de musicien de chambre : avec la violoniste Patricia Kopatchinskaja, il forme un fantastique duo, et au nombre de ses autres partenaires célèbres, on compte notamment la violoncelliste argentine Sol Gabetta, le Quatuor Borusan d’Istanbul et d’autres solistes instrumentaux turcs. De 2005 à 2010, Fazıl Say fut en résidence exclusive au Konzerthaus de Dortmund, tandis qu’une autre résidence l’a mené, en 2010-2011, au Konzerthaus de Berlin. Le festival de Schleswig-Holstein 2011 lui consacrera une grande partie de son programme, et d’autres résidences et festivals ont eu lieu à Paris, Tokyo, Meran, Hambourg  et Istanbul.
Ses enregistrements de Bach, Mozart, Beethoven, Gershwin et Stravinsky ont été encensés par la critique et lui ont valu de nombreux prix. Depuis 2003, Fazıl Say enregistre exclusivement pour Naïve. Père d’une fille, il vit à Istanbul.

Pour en savoir plus
Multimedia
1
  • Fazil Say, 1001 Nights in the Harem
1 item
L'album
Black earth
Ref
 V4954

1
 Black earth for piano solo
2
 Sonata: Introduction: Melancholy
3
 Sonata: Grotesque
4
 Sonata: Perpetuum mobile
5
 Sonata: (untitled)
6
 Sonata: Epilogue: Melancholy
7
 Concerto silk road
8
 Silence of Anatolia
9
 Obstinacy
10
 Paganini variations for piano
11
 Dervish in Manhattan
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