
.De 1819 à 1823, Anton Diabelli visite les coulisses des théâtres de Vienne, arpente les rues de la ville et propose à tout ce qui veut bien porter le nom de compositeur une petite valse de son cru, à varier pour une publication collective. Dès 1823, il a réuni cinquante-et-un participants. Tous se plient à la règle du jeu qui consiste en l'écriture d'une variation. Tous sauf Beethoven, qui refuse d'abord sa collaboration, se ravise ensuite pour une poignée de variation et finit tout de même par en livrer trente-trois. Mais l'Opus 120 est-il bien fait de trente-trois variations sur le thème de Diabelli ? Si l'on tient vraiment à parler de thème il ne faut plus parler de variations, mais de copeaux qui tombent d'une planche longuement rabotée. Là est la clef, plus qu'une divergence à partir d'un thème, l'Opus 120 est une convergence vers la petite valse de Diabelli.
Né à Saint-Pétersbourg, Grigory Sokolov entreprend l’étude du piano dès l’âge de cinq ans, suscitant l’attention du monde musical russe pour ses dons extraordinaires et précoces. À l’âge de sept ans, il est admis au Conservatoire de sa ville natale dans la classe de Leah Zelikhman, En 1966, tout juste âgé de seize ans, Grigory Sokolov s’impose au monde musical comme étant l’un des talents les plus intéressants et plus prometteurs de sa génération en remportant le Premier Prix du Concours Tchaïkovski à l’unanimité d’un jury présidé par Emil Guilels.
La profondeur de son approche musicale, l’étendue de son répertoire (de Byrd à Schoenberg), le sérieux et l’originalité de ses intentions musicales ainsi que la précision dans ses réalisations, trouvent auprès du public et de la critique mondiale la plus haute reconnaissance. Il est invité régulièrement dans les plus importantes salles de concert en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Il a joué à Londres, Paris, Vienne, Berlin, Amsterdam, Munich, New York… et il a collaboré avec les orchestres les plus prestigieux, tels que les Philharmoniques de New York, de Londres, de Munich, et avec plus de 200 chefs d’orchestre comme Myung Whun Chung, Neeme Järvi, Herbert Blomstedt, Sakari Oramo, Valery Gergiev, Trevor Pinnock…
Sokolov mène avec Melodya et aujourd’hui Opus 111 des enregistrements de ses concerts en live dont la critique ne cesse de faire l’éloge. Ainsi sont nés des enregistrements historiques de pièces de Bach, Beethoven, Chopin, Schubert, Brahms, Rachmaninov, Prokofiev. Au sujet de l’enregistrement de L’Art de la Fugue chez Opus 111, le critique Bill Newman décrit l’interprétation de Sokolov comme « habitée de hardiesse, de clarté et de brio rythmique (…) celle d’un pianiste fabuleux. ». Sa version des Variations Diabelli (Opus 111) est également saluée par la critique.
Les interprétations de Grigory Sokolov exploitent toutes les couleurs de l’instrument, contrastent les moindres nuances de la partition. Son talent associe une personnalité volcanique à une incomparable stature musicale.

