
Pour son deuxième disque chez naïve, Laurent Korcia a décidé de revenir à un de ses compositeurs de prédilection : Béla Bartók. Il présente ici trois chefs-d’oeuvre des dernières années de la vie du compositeur, une période sombre où sa musique renvoie constamment au drame de l’exil qu’il subissait – la guerre l’ayant forcé à embarquer pour New York – mis en regard avec une oeuvre de quelques années antérieure, à une époque où il subissait déjà l’oppression du régime fasciste qui étouffait alors la Hongrie. Une musique endeuillée donc, mais aussi incroyablement expressive, toute imprégnée de la terre qu’il a dû quitter, avec ses mélodies populaires hongroises aux rythmes implacables (que Bartók, un des premiers ethnomusicologues, avait recueillies dans les campagnes magyares) – une musique, surtout, à laquelle l’archet naturellement rhapsodique et passionné de Laurent Korcia s’adapte merveilleusement. Le violoniste français s’est entouré de musiciens exceptionnels : Jean-Efflam Bavouzet et Michel Portal, qui apporte sa clarinette toute de subtilités à Contrastes, une pièce composée pour le jazzman Benny Goodman. Et c’est l’orchestre de Birmingham, sous la direction de Sakari Oramo qui apporte son soutien enfiévré dans un deuxième Concerto pour violon capté en concert. L’occasion également de retrouver la Sonate pour violon seul (composée à New York pour Yehudi Menuhin), et la Première Sonate pour violon et piano de 1921 (une oeuvre qui lui assura une renommée internationale) enregistrées par Laurent Korcia il y a quelques années : des versions de référence qui n’étaient plus disponibles et qui, regroupées avec ces nouveaux enregistrements, compose une anthologie événement de la musique pour violon de Bartók.
Parrainé dès son plus jeune âge par Pierre Barbizet et formé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris par Michèle Auclair, elle-même disciple de Jacques Thibaud et George Enesco, Laurent Korcia est l’un des violonistes les plus reconnus de sa génération.
Soliste de l’année aux Victoires de la musique et Chevalier des Arts et Lettres, il se voit également décerner le Prix Georges Enesco de la SACEM ainsi que le Grand Prix de l’Académie du disque Charles Cros.
Invité à jouer en soliste sous la direction des plus grands chefs, Laurent Korcia donne régulièrement des récitals de violon seul aux programmes allant de Bach aux compositeurs d’aujourd’hui, ainsi que l’intégrale des Sonates d’Ysaÿe auxquelles il consacre son premier disque.
Depuis son enregistrement des Sonates d’Ysaÿe jusqu’à BartóKorcia (Concerto n° 2 avec le CBSO et Sakari Oramo, Sonate pour violon seul, Contrastes, Sonate n° 1), reconnus comme des enregistrements de référence, Laurent Korcia propose par ailleurs des disques qui rencontrent un large public (Danses, Doubles Jeux avec Michel Portal, Jean-Efflam Bavouzet, Tatjana Vassilieva, Michael Wendeberg… ainsi que le Stabat Mater de Bruno Coulais avec Guillaume Depardieu).
Laurent Korcia joue le violon Zahn de Stradivarius (1719) qui lui est prêté par le groupe LVMH Louis Vuitton-Moët-Hennessy.

