
« L’exécution dans l’orchestration originale souligne le caractère de sérénade de l’œuvre ; il s’agit en effet de la sérénade que donne un homme amoureux, ce en quoi elle constitue une introduction idéale à un programme intitulé «À nos amours». Les transcriptions des valses de Strauss par Schoenberg et son cercle d’amis sont une aubaine pour un interprète dans la mesure où elles proposent déjà elles-mêmes une interprétation de la musique de Strauss, fixant sur la partition, avec une extrême précision du détail, toutes les particularités de l’esprit viennois. Musik in meinen Ohren : tel a toujours été le résultat de ma collaboration fructueuse avec l’ensemble Diabolicus. Il faut bien sûr attribuer le prix de cette heureuse réussite à un ensemble d’exception rassemblant des musiciens talentueux et expérimentés, tant sur le plan de l’interprétation soliste que de la pratique orchestrale, qui partagent mon intérêt pour un type de travail fondé sur une recherche commune, et s’ouvrent à l’inspiration que leur insuffle un chef d’orchestre issu d’un autre univers culturel, et dont la pratique musicale a été forgée par le chant.
Ce lien qui nous unit est celui d’une amitié musicale.
A nos amours !"
Dietrich HENSCHEL
Dietrich Henschel débute sa carrière internationale dans Der Prinz von Homburg de Henze (Deutsche Oper Berlin) et Doktor Faust de Busoni (Opéra national de Lyon, avec Kent Nagano). Dans la foulée, il est engagé au Châtelet pour Alceste de Gluck avec John Eliot Gardiner, la reprise de Doktor Faust et Die schweigsame Frau de Strauss avec Christoph von Dohnányi ; à l’Opéra Bastille, il chante le rôle-titre de Pelléas et Mélisande et Capriccio de Strauss… Son vaste répertoire comprend en outre les rôles d’Orphée et Ulysse (Monteverdi), Almaviva, Papageno et Don Giovanni (Mozart), Figaro (Rossini), Wolfram et Beckmesser (Wagner), sans oublier les opéras contemporains. Il collabore avec de nombreux chefs d’orchestre comme Christoph von Dohnányi, Kent Nagano, Christoph Eschenbach, Zubin Mehta, John Eliot Gardiner, Colin Davis, Nikolaus Harnoncourt, Philippe Herreweghe, René Jacobs, William Christie, etc., et est régulièrement invité par les orchestres et théâtres les plus prestigieux d’Europe. Reconnu comme un des grands interprètes du lied, Dietrich Henschel est invité dans le monde entier avec les pianistes Fritz Schwinghammer, Helmut Deutsch et Michael Schäfer. Son importante discographie comprend des lieder et cycles de Mahler, Wolf, Schubert, Korngold, Beethoven, ainsi que l’intégrale de Doktor Faust de Busoni (Grammy Award). Dietrich Henschel est l’expression du musicien complet : formé en Allemagne comme pianiste et chef d’orchestre, il voit sa carrière de chef d’orchestre se concrétiser et triomphe au Châtelet en 2004 lors d’une série de concerts avec l’ensemble Diabolicus, avec lequel il collabore régulièrement depuis. Suite à ces concerts,
il est invité à diriger les orchestres symphoniques de Castilla y León, de l’Opéra de Rouen, du Théâtre royal de la Monnaie, l’Ensemble Orchestral de Paris…
Son répertoire de prédilection inclut la musique symphonique allemande du XIXe siècle, et la musique du XXe siècle, avec une attention particulière pour les compositeurs de l’École de Vienne.
Schubert est mort le 19 novembre 1828. Il avait trente et un ans. Les derniers mois de son existence, alors que la syphilis, puis le typhus achevaient de le ronger, portèrent au jour des chefs-d’œuvre absolus : sa neuvième symphonie (« La Grande »), les trois Klavierstücke D 946, la messe en mi bémol, le quintette pour cordes D 956, la fantaisie en fa mineur, les ultimes sonates D 958, 959, 960… et ce Chant du Cygne recueil posthume de Lieder.
C’est ici, dans ce cycle, que se trouvent les mélodies de Schubert les plus tragiques, les plus empreintes du sentiment d’une mort proche, dont la venue est observée les yeux grand ouverts. Et les poèmes retenus sont, en apparence, divers (sept de Rellstab, six de Heine, un de Seidl), mais ils concentrent de façon saisissante l’imaginaire de Schubert, ses hantises : le départ, la mort de la bien-aimée, la songerie amoureuse.
Avec ce programme, nous touchons du doigt ce qui fut l’âme romantique même, entre le rêve amer et la douleur déchirante, mais surtout nous accédons à ce que Schubert avait de plus cher : par la musique faire voir ce qui est terrible pour mieux nous en consoler.
> Un sens des couleurs et du texte ainsi qu'une intelligence dans la caractérisation qui n'est pas sans évoquer son maître et modèle Dietrich Fischer-Dieskau
> Un cycle de Lieder incontournable complété

