
L’Édition Vivaldi, entreprise discographique conçue par le musicologue Alberto Basso et le label indépendant Naïve, constitue l’un des projets d’enregistrement les plus ambitieux du XXIe siècle. Son objet premier est d’enregistrer la vaste collection de manuscrits autographes vivaldiens conservée à la Bibliothèque Nationale de Turin, quelque 450 oeuvres en tout : un véritable trésor puisqu’il s’agit de la bibliothèque personnelle de Vivaldi, l’ensemble des partitions que celui-ci conservait chez lui au moment de sa mort, à Vienne, en 1741. Cet ensemble comprend ses opéras, des centaines de concertos, compositions sacrées et cantates. La majorité de ces oeuvres n’a pas été entendue depuis le XVIIIe siècle.
La publication de plus de 100 disques, qui a débuté en l’an 2000, se poursuivra jusqu’en 2015. L’objectif de l’Édition Vivaldi est de rendre cette extraordinaire profusion musicale disponible pour le plus grand nombre et de révéler le génie de Vivaldi, non seulement en tant que compositeur de musique instrumentale, domaine dans lequel sa réputation était déjà établie, mais aussi en tant que créateur de quelques-unes des oeuvres vocales les plus importantes du XVIIIe siècle. Vingt-huit titres ont été publiés à ce jour et Atenaide est le septième opéra de l’Édition. Par ailleurs, l’Édition développe une activité de promotion de concerts Vivaldi au sein des plus prestigieux festivals et saisons musicales européens, et développe des projets multimédia qui rassemblent musiciens, cinéastes, auteurs, plasticiens… L’Édition Vivaldi insuffle une énergie nouvelle et installe de nouvelles références au sein de l’histoire musicale.
Antonio Vivaldi 1678-1741
Concerti per violino vol. 3
Concerti per violino e archi
RV 352, RV 307, RV 268, RV 333, RV 210*, RV 312, RV 350
tesori del piemonte vol. 40
Revisione musicale di Olivier Fourés
* Versione manoscritta
Duilio M. Galfetti, violino Antonio Stradivari, 1717 | copia di Michel Eggimann, Roma, 2006
I Barocchisti
Diego Fasolis direttore
On voit, surtout dans les allegrosfinals de certains de ces concertos, que vous avez très bien compris l’influence de la danse dans la musique de Vivaldi, n’est-ce pas?
Diego Fasolis : Nous savons bien à quel point les mouvements de danse sont importants pour la musique instrumentale de nombreuses époques, non seulement comme soutien de la danse elle-même mais comme référence à cet art et à tout ce qu’il suggère. C’est une évidence dans les
Suites, dont les mouvements empruntent leur nom à des danses d’origines linguistiques diverses. Tout aussi importants, dans les concertos ou les
sonates, sont les mouvements où ces indications étaient implicites pour les interprètes de l’époque, et fort heureusement pour ceux d’aujourd’hui, grâce aux écoles de musique ancienne et à tout l’appareil scientifique lié à la pratique philologique. L’impulsion rythmique et son maintien rigoureux sont un bagage que je transporte depuis la petite enfance, quand je faisais danser parents et amis au son de l’accor déon. Le sens du rythme et plus encore la joie de vivre qu’insuffle le rythme de danse sont pour moi la base de l’interprétation de la musique baroque. Vous pouvez imaginer le bonheur que représente la confrontation avec ce répertoire vivaldien, qui unit la maîtrise de l’écriture à la fantaisie, la virtuosité violonistique au plaisir rythmique.
Propos recueillis par Susan Orlando

