
Voilà plus de 50 ans que Télérama défend, s’enthousiasme pour toutes les musiques, avec une passion et une exigence reconnue par tous. A force, chaque spécialiste a gardé dans un coin de sa tête et de son cœur une rengaine, un air, l’écho d’un rythme, le grain d’une voix, le soupir d’une rime qui composent sa compilation personnelle. Télérama a décidé d’ouvrir ces jardins intimes, ces paradis secrets à travers une collection de compilations, genre par genre (chanson, jazz, classique, rock, world), dont chaque titre sélectionné mérite les fameux ffff. A chaque fois, un voyage, une ballade sur un thème, le disque dont rêvaient les spécialistes de Télérama. Pour eux. Maintenant, pour vous.
« Chansons à mi-voix »
En douceur. En douce. « Ecoutez la chanson bien douce », murmurait le poète… Qu’elle chronique nos épopées intimes ou nos planètes partagées, la chanson n’use pas forcément d’un porte-voix simplificateur et assourdissant, d’un haut-parleur. De beaux parleurs, en revanche, elle fait collection. Voilà réunis quelques-uns d’entre eux, selon des critères totalement subjectifs. Pourquoi ? Pour le bonheur d’un mot, le fil aiguisé d’un vers, le rythme alluré d’un couplet, la danse d’un refrain. Parce que des émotions et des images, des minutes égrenées avec grâce, tissant menu malice et mélancolie, tendresse et fantaisie, colère et accolade. Ephémères, mémorables miroirs d’états d’âme, d’états d’être, n’importe quand, n’importe où dans la galaxie des harmonies. Souchon jongle, Vanot fait la pluie et le beau temps, Le Forestier fête Brassens, et Brel, les soirs d’été. McNeil s’accoude au bar, Annegarn boit de la limonade. A entendre ceux-là et d’autres, côte à côte, on redécouvre quelques bienfaits de l’art mineur, dixit Gainsbourg : il joue avec le temps comme avec le tempo, éternise des amours de passage, parle de tout, voire de rien. Chantonne, enchante. Entre morsure et sourire, en douce, à mi-voix…
Anne-Marie Paquotte
« Ladies singing at the piano »
C’est une question de respiration. Si vous demandez à un pianiste ce qu’il faut pour accompagner une chanteuse de jazz, il vous répondra cela : « L’écouter respirer pour sentir où placer les accords ou un obligato qui soit comme une caresse. » C’est pourquoi aussi les chanteuses qui s’accompagnent elles-mêmes respirent mieux, savent mieux se placer dans le temps de la musique. Et sans doute écoutent mieux ce que disent les paroles des chansons. L’idée de cette compilation de « Ladies à leur clavier » m’est venue en écoutant Shirley Horn, le modèle, le mètre du Pavillon de Breteuil pour mesurer le rapport idéal entre la voix et le piano, entre le chant et les instruments. De Rose Murphy à la petite dernière, Emily Haines, du groupe Metric, ces dames chantent la vie en jazz ou en couleurs, la vie entre les notes. Les femmes que j’aime dans la vie comme je l’aime.
Michel Contat
" Chansons à mi-voix " En douceur. En douce. " Ecoutez la chanson bien douce ", murmurait le poète… Qu’elle chronique nos épopées intimes ou nos planètes partagées, la chanson n’use pas forcément d’un porte-voix simplificateur et assourdissant, d’un haut-parleur. De beaux parleurs, en revanche, elle fait collection. Voilà réunis quelques-uns d’entre eux, selon des critères totalement subjectifs. Pourquoi ? Pour le bonheur d’un mot, le fil aiguisé d’un vers, le rythme alluré d’un couplet, la danse d’un refrain. Parce que des émotions et des images, des minutes égrenées avec grâce, tissant menu malice et mélancolie, tendresse et fantaisie, colère et accolade. Ephémères, mémorables miroirs d’états d’âme, d’états d’être, n’importe quand, n’importe où dans la galaxie des harmonies. Souchon jongle, Vanot fait la pluie et le beau temps, Le Forestier fête Brassens, et Brel, les soirs d’été. McNeil s’accoude au bar, Annegarn boit de la limonade. A entendre ceux-là et d’autres, côte à côte, on redécouvre quelques bienfaits de l’art mineur, dixit Gainsbourg : il joue avec le temps comme avec le tempo, éternise des amours de passage, parle de tout, voire de rien. Chantonne, enchante. Entre morsure et sourire, en douce, à mi-voix… Anne-Marie Paquotte " Ladies singing at the piano " C’est une question de respiration. Si vous demandez à un pianiste ce qu’il faut pour accompagner une chanteuse de jazz, il vous répondra cela : " L’écouter respirer pour sentir où placer les accords ou un obligato qui soit comme une caresse. " C’est pourquoi aussi les chanteuses qui s’accompagnent elles-mêmes respirent mieux, savent mieux se placer dans le temps de la musique. Et sans doute écoutent mieux ce que disent les paroles des chansons. L’idée de cette compilation de " Ladies à leur clavier " m’est venue en écoutant Shirley Horn, le modèle, le mètre du Pavillon de Breteuil pour mesurer le rapport idéal entre la voix et le piano, entre le chant et les instruments. De Rose Murphy à la petite dernière, Emily Haines, du groupe Metric, ces dames chantent la vie en jazz ou en couleurs, la vie entre les notes. Les femmes que j’aime dans la vie comme je l’aime. Michel Contat

