Pierre Souchon
Pierre Souchon

C’est l’histoire d’un garçon qui chante « Je veux des nouveaux amis/Des gens en pantalon gris/Au lit à neuf heures et demi ». C’est l’histoire d’un couple dans lequel « Elle dit qu’il est son il de leur réunion ». C’est une méditation sur notre vie dans laquelle, incontestablement, « Au fond de nous on jalouse/Les deux secondes de mémoire du poisson rouge »

 
 «  On me disait souvent que je ne me dévoilais pas assez, que je faisais des chansons d’amour sympas avec des situations cinématographiques, mais qui ne disaient pas qui je suis. »
Alors, Pierre a décidé d’être vraiment Pierre. Dans sa chanson Claire de la lune, le héros s’appelle Pierrot. Dans Piteur’s Friends, qui ouvre et donne son titre à l’album, il est le franglais Piteur. Dans Elle a ôté, il est même bitter
Ce prénom-là, on le connait depuis quelques années déjà : en duo dans les Cherche-Midi avec Julien Voulzy, puis avec un premier album en solo, Pierre a révélé une chaude voix pop et tendre et de très beaux talents de mélodiste. Compositeur aussi attentif aux douceurs et aux arrondis qu’aux petits pas de côté et aux grooves moelleux, il a aussi travaillé pour Sandrine Kiberlain, Jane Birkin, ou Elie Semoun, sans oublier de laisser sa marque sur les albums de son père.
Longtemps, Pierre a travaillé chez lui, mûrissant patiemment ses chansons. Et, pour trois titres, il a demandé à Pierre-Dominique Burgaud, l’auteur des paroles du Soldat rose, de jouer avec lui au cadavre exquis pour compléter ses textes.
« J’ai enregistré des guitares, la nuit, avec mon frère (Charles Souchon, alias Ours), j’ai chanté toutes les voix dans mon appartement à Paris. »
Il y a aussi une vieille bâtisse, pleine d’âme, dans le Loir-et-Cher, avec des instruments qui restent là toute l’année. « J’ai fait là-bas beaucoup de maquettes avec Régis Ceccarelli. Au bout d’un moment, j’ai suggéré que, pour le disque, on garde le son de cette salle étrange, de ces instruments brinquebalant, du piano d’antiquaire que l’on n’est pas complètement arrivé à accorder. Sur Piteur’s Friends, on joue sur une guitare cassée à laquelle il ne reste qu’une grosse corde. Je voulais que le disque reste artisanal, quitte à ce que ce soit parfois un peu malhabile. Je ne voulais pas que trop de technique vienne aseptiser mon projet... Là, cela ressemble vraiment au disque que je voulais faire. »
 
Pierre joue des guitares, des pianos, des synthés… « Plus je m’investissais dans les instruments, plus le disque allait me ressembler ». Régis Ceccarelli, coréalisateur de l’album, a remis son costume de batteur pour l’occasion et l’ingénieur du son Jean-Pierre Sluys a joué quelques basses. C’est d’ailleurs lui qui va confier à Pierre, dans un éclat : « Pierre, ton album couine ! »
Que la caisse du piano ait un peu grincé, voilà qui enchante Pierre, qui n’aime rien tant que les petits interstices que la liberté des gens et des objets introduit dans l’ordre prévisible des choses.
Après tout, c’est de cela qu’il parle dans ses chansons : échapper à la lourdeur ambiante, à la fausse gravité des grandes personnes… « J’ai toujours envie de faire des chansons dans lesquelles on décolle les pieds du sol : Les Chaussures, Bonhomme hélium, Il et elle… »
Cela ne l’empêche pas de regarder le monde tel qu’il est, comme avec Fil de fer, qui est peut-être la plus profonde des chansons écrites sur l’anorexie. Et, pourtant, elle reste une superbe bulle pop aux mots soyeux et aux intentions légères. Comme tout ce que fait Pierre : par tendresse et avec beaucoup de douceur.

 

Autres oeuvres
1
Pour en savoir plus
L'album
Piteur's friends
Ref
 NV819911

1
 Piteur's friends…
2
 L.A.O.T.…
3
 Il et Elle
4
 Fil de fer
5
 Claire de lune
6
 Bonhomme Helium
7
 C'est quand demain
8
 Pour Oublier
9
 Mon coeur Metronome
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