
Hamid Skif est né à Oran (Algérie) en 1951. Victime d’une tentative d’assassinat pendant les années de terreur islamiste, il a quitté son pays pour Hambourg (Allemagne) en 1997 où il a été accueilli par le PEN Club dans le cadre de son programme « Écrivains en exil ». Traduit en allemand, en italien et en espagnol, consacré par la critique littéraire mondiale, il est reconnu comme un des grands écrivains et poètes algériens contemporains.
" Les patronymes que je m’attribue sont fonction de l’employeur. Je suis turc, arabe, berbère, iranien, kurde, gitan, cubain, bosniaque, albanais, roumain, tchétchène, mexicain, brésilien ou chilien au gré des nécessités. J’habite les lieux de ma métamorphose "… Un sans-papiers vit depuis des mois, la peur au ventre, caché dans une chambre de bonne. Dans la ville, la chasse aux clandestins s’intensifie. Pris dans les rafles, des milliers d’entre eux sont expulsés vers leur pays d’origine. Observant par la lucarne les habitants de l’immeuble d’en face, fantasmant sur leur quotidien, le jeune homme se remémore son passé, fait défiler les figures pittoresques ou sinistres de l’exil — le passeur, le trafiquant de drogue, le délateur, le policier corrompu, le tortionnaire... — et attend jour après jour la venue de Michel Delbin, l’étudiant qui l’héberge et le ravitaille en secret. Plus qu’une méditation sur le partage du monde, ce roman au souffle incantatoire donne au lecteur à ressentir au plus intime de lui-même, la peur et la misère des clandestins.

