
Lors de son inauguration en 1997, le Musée de la musique de Paris a d’emblée été reconnu pour sa conception muséographique innovante. Son inscription au sein de la Cité de la musique l’a conduit à définir un nouveau cadre muséal, ouvert à tous les champs artistiques et tissant des liens entre la présentation des collections, l’organisation d’expositions temporaires et de concerts, la médiation culturelle et la recherche documentaire.
Un Musée de la musique se caractérise de plus en plus par ce que l’on y entend, cette tendance ayant été reprise aujourd’hui par la plupart des musées du genre. Les instruments du Musée en état de jeu sont confiés à des musiciens, donnés en concert ou enregistrés à des fins d’archivage ou de diffusion, notamment dans le parcours sonore du visiteur.
L’étape supplémentaire de ce processus consiste à proposer une politique discographique révélant les instruments les plus significatifs du musée, mis à la disposition de musiciens de renommée internationale autour de contenus musicaux cohérents. Naïve et Ambroisie constituent des partenaires de choix pour réussir ce pari innovant.
Eric de Visscher
Directeur du Musée de la Musique
Cité de la musique
Le piano pédalier (ou piano à pédalier) appartenant au musée de la Musique s’inscrit dans une lignée d’instruments qui, à l’instar de l’orgue, sont dotés d’un clavier et de pédales.
Ces instruments étaient vraisemblablement destinés à l’étude de l’orgue et, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ils ne paraissent pas avoir donné naissance à une littérature originale.
C'est vers 1850 que des compositeurs comme Boëly en France ou Schumann en Allemagne écrivent des pièces spécifiquement pour cet instrument. Plusieurs facteurs proposent alors des pédaliers indépendants, qui peuvent être installés sous les pianos droits ou les instruments à queue. Pierre Érard, encouragé en cela par Liszt, fabrique vers 1853 un premier modèle de piano pédalier.
C’est un de ces instruments que nous écoutons ici.
Alexandre Pierre François Boëly (1785-1858)
Fantaisie et fugue opus 18/6 (1856)
Andante con moto opus 18/1 (1856)
Andante con moto opus 43/7 (c. 1843)
Toccata opus 43/13 (1858)
Allegro ma non troppo opus 18/7 (1856)
Franz Liszt (1811-1886)
Évocation à la Chapelle Sixtine s.658 1862)
Robert Schumann (1810-1856)
Vier Skizzen opus 58 1846)
Johannes Brahms (1833-1897)
Prélude et fugue en sol mineur woo 10 (1857)
Charles-Valentin Alkan (1813-1888)
Prélude opus 66/10
Prélude en mi bémol majeur opus 66/5
Franz Liszt
Prélude et fugue sur B-A-C-H s.260i (1855)
Olivier Latry
Piano pédalier Erard, Paris, 1853
Collection Musée de la Musique

