
JUAN CARLOS CÁCERES est né en 1936 à Buenos Aires. L'Argentine, c'est autant de rythmes, de couleurs et d'ambiances qui ont poli cet homme et l'ont enraciné à jamais dans sa terre.
Il consacre alors sa vie à exprimer cette réalité : la peinture et la musique seront ses modes de communication avec le monde. Les 6 années passées aux Beaux-Arts de Buenos Aires lui fournissent la technique pour laisser libre vagabondage à son imagination et pour traduire l'émotion des images qui ne cessent de l'habiter… Parallèlement à cet univers pictural singulier et incandescent, Juan Carlos développe un univers sonore dans lequel jazz et tango se chevauchent sur les touches de son piano. Il ouvre et anime 3 repaires qui furent, comme il aime à les définir, "des antres de l'existentialisme et du jazz avec 10 ans de décalage horaire." Juliette Greco, Dizzi Gillepsie et un chanteur de blues du cru du nom d'Hugo Pratt y laisseront leur empreinte.
En 1968, il s'installe à Paris alternant les années peinture et les années musique. Issu du tango populaire, il fait des incursions dans le rock, le jazz, les musiques latines et brésiliennes avant de revenir au tango dont il cherche à révéler les potentialités encore inexplorées.
Ses CD récents, comme « Solo » en 1994, « Sudacas » en 1995, « Intimo » en 1998, « Tango negro » en 1999 et « Toca tango » en 2001 témoignent de cette recherche incessante d'un enrichissement rythmique, d'un retour aux sources noires, d'une fusion avec d'autres styles musicaux. Cet innovateur iconoclaste est aussi profondément enraciné dans la culture musicale populaire du Rio de la Plata, dont il est devenu l'un des meilleurs historiens, constamment sollicité pour animer conférences et colloques.
Jan Carlos Cáceres s'affirme comme un semeur d'harmonies, un peintre des mélodies, de Paris à Buenos Aires. Comme si la seine se jetait naturellement dans le Rio de la Plata…
Guariló (la historia negada)
Avec cet album de 15 titres originaux, Cáceres atteint le cœur d’une façon simple, directe et profonde, sans artifice, sans aucune note superflue.
Retrouvant les origines africaines du tango et reprenant des rythmes de murga* et milonga** comme base de ses créations, les chansons de Cáceres donnent un souffle nouveau à la musique du Rio de la Plata ; chansons dont il est à la fois l’auteur et le compositeur
Artiste aux multiples talents, Cáceres chante, joue du piano et du trombone entouré par de talentueux artistes de tango comme Nini Flores au bandonéon et à l’accordéon, Paul Lazar au violon et les percussionnistes les plus authentiques de l’Argentine entre autres.
Eduardo Makaroff, l’Argentin du groupe Gotan Project, a pris en charge la direction artistique.
*Murga : Mouvance de musique de rue populaire, originaire des quartiers de Buenos Aires
**Milonga : rythme appartenant au genre tango, aussi synonyme de « bal tango », c’est un mot d’origine africaine signifiant « paroles ».
Dans son album Noche de Carnaval, CÁCERES célèbre plus que jamais toute la richesse de la musique porteña, une musique de sang-mêlé à l’image même de l’histoire de l’Argentine et de Buenos Aires, selon lui trop longtemps réduite au lamento del cornudo – les « lamentations de l’homme trompé”.
Edité par Christoph H. MÜLLER Produit par Eduardo MAKAROFF
Au tango, à la milonga, au candombe et à la murga se marient, au milieu d’un océan d’influences, le swing, le dixieland et le charleston.
Dans Noche de Carnaval, il n’y a pas de bandonéon.
Maître és expérimentations, Cáceres a pris à sa place la clarinette basse, le saxo et le violoncelle pour asseoir les fondations de ses chansons.
Aucun des musiciens qui a participé à ce travail n’est un mercenaire, aucun n’y a travaillé par hasard : chacun d’entre eux partage avec Cáceres, et avec le producteur Eduardo Makaroff, une indéniable sensibilité à la musique argentine, au tango, et à ses savoureux dérivés, à la fusion entre l’ancien et le moderne.

