
Hadestown a commencé son existence en 2006 comme un “opera folk” live que l’auteur/compositeur originaire du Vermont a créé en collaboration avec le directeur Ben T. Matchstick (Bread & Puppet Theater) et avec l’arrangeur Michael Chorney. Les 22 membres de la production recrutés, ils ont commencé une tournée à travers la Nouvelle Angleterre. Il était maintenant l’heure de retravailler de nouvelles chansons. Mitchell a ensuite appelé certains musiciens de ses amis pour poser leur voix sur une version enregistrée (pas encore un album). Le résultat : Justin Vernon des Bon Iver joue Orphée, Greg Brown est Hadès, Seigneur des Enfers et Ani Di Franco joue Perséphone, la sauvage femme d’Hadès. Il y a aussi de plus petits rôles : The Haden Triplets (Petra, Rachel et Tanya) dans le rôle des chœurs grecs et Ben Knox Miller des Low Anthems dans celui de Hermès, le messager des Dieux. Mitchell chante les parties d’Eurydice, le personnage dont la mort entraîne Orphée dans « Hadestown » (la ville d’Hadès).
« Ca va au-delà des croyances, ces chansons sortent de la bouche de certains de mes héros, dit Mitchell. C’est particulièrement fantastique parce que je me suis toujours considérée comme d’abord un auteur, puis comme une chanteuse. Les chansons sont portées par le vent, elles ne nous appartiennent pas. C’est pour cela que je les aime. Je suis reconnaissante envers les chanteurs qui racontent les histoires tel qu’ils le font. ». Beaucoup de chansons ont été écrites ou réécrites pour des chanteurs en particulier.
« Les gens me demandent souvent pourquoi j’ai voulu réécrire ce mythe. En fait, les premières chansons venaient de nulle part. Il n’y avait pas d’idées précises derrière. Les chansons sont allées vers le mythe. Mais au fur et à mesure, j’ai reconnu dans le personnage d’Orphée quelque chose que beaucoup d’artistes ressentent : un optimisme énorme. Dans les Enfers, les lois sont les lois, vous ne pouvez pas ramener quelqu’un de la mort. Orphée croit qu’il lui suffit de chanter/jouer/écrire quelque chose de suffisamment beau pour réaliser l’impossible, émouvoir le cœur de pierre d’Hadès. J’ai le même sentiment… »
La majeure partie de l’enregistrement a été faite avec le producteur (et parfois le bassiste DiFranco) Todd Sickafoose à New York, au studio Brooklyn Recording, mais les voix ont été ajoutées dans les Etats-Unis tout entier, de la Nouvelle-Orléans à Eau Claire, en passant par Los Angeles.
Dès ses premières notes, Hadestown est composé de mélodies irrésistibles et de poèmes qui sont la marque de fabrique de Mitchell. C’est une histoire d’amour, un conte épique, une saga à la fois ancienne et neuve, mythique et pourtant réelle.

