
Il y a quatre ans, une gamine de 26 ans sortait un premier album, La terre est blonde. Sous ce titre, treize chansons révélatrices de la naissance d’une plume et d’un tempérament de feu. Agnès Bihl interprétait avec toute la conviction du monde ses historiettes douces-amères, de cette voix mi-femme mi-enfant qui la caractérise.
Elle a choisi l’humour du désespoir et une certaine verve poétique pour raconter l’apparition du premier cheveu blanc, l’histoire d’une rebelle au Bois Dormant, et les premiers jours du mois de mai où vient le temps des week-ends en campagnes… électorales.
En 2001, Agnès Bihl était donc très connue. Enfin, à part quelques chroniques, elle jouissait surtout de la notoriété des rues. Elle s’y est en effet beaucoup produite, dans la rue, là où Charles Trenet s’était juré de faire descendre les poètes. Avec beaucoup de courage et un bout de répertoire réaliste en bandoulière, elle est devenue une véritable diva des terrasses de café, des manifestations, des carrefours qui sentent la bouche d’égout et des bouches de métro qui fleurent bon le dégoût. Evoquant ces années-là, elle parle de « sept années de galère ». Elle se trompe, parce que du concert improvisé sur le pavé de Paname aux lieux de chanson de la capitale (ersatz des cabarets rive gauche des années 50), elle a appris son métier et compris qu’il y avait un lien non pas étroit mais indissociable entre l’écriture et la scène. Aussi, en tournant elle est tombée émerveillée sur des chansons d’Allain Leprest. Elle avait 23 ans, elle a écrit sa première ritournelle le soir même. Et puis, il y a eu une rencontre lumineuse avec Anne Sylvestre qui l’a chaleureusement encouragée lors de son passage au Sentier des Halles. Pendant ces sept années dites de « galère », le petit poulbot a fait ses classes, comme Brel à la Rose Noire de Bruxelles, Barbara à l’Ecluse ou Brassens chez Patachou.
L’éditeur Gérard Davoust ne s’y est pas trompé. Inutile de rappeler que l’associé de Charles Aznavour aux Editions Raoul Breton a été parmi les premiers à découvrir bouche bée Renaud et Mort Schuman. Il est aussi à l’origine de la carrière française de Lynda Lemay, qu’il édite et manage. À présent producteur d’Agnès Bihl, ce dénicheur de talents avoue qu’il a été séduit par cette écriture personnelle, ciselée et incisive qui attire l’attention d’emblée, c’est vrai. Agnès Bihl, 30 ans déjà, a l’art du raccourci, de la formule, du jeu de mot et du mot juste pour exprimer des situations de la vie quotidienne. Ce qu’on attend d’un grand auteur de chansons en somme.
Ni découragée, ni essoufflée, ni lasse mais vaillante, Agnès Bihl revient avec un nouvel album, réalisé et arrangé par Nicolas Montazaud. Où l’on reconnaît l’influence des anciens : Léo FERRE pour l’engagement, Anne Sylvestre pour le souffle féministe, et Renaud, et Brassens dont elle reprend « Complainte des filles de joie. » On y entend surtout une voix qui est celle de son temps, proche des artistes issus de la scène, de cette nouvelle chanson française à laquelle appartiennent Benabar, Sanseverino, Carla Bruni ou Lynda Lemay. Les textes sont signés Agnès Bihl (débutés entre deux échographies et achevés entre deux biberons), et les mélodies élaborées par le jazzman Giovanni Mirabassi et quelques autres. L’ensemble est étonnant de maturité.
Un album rythmé, avec des thèmes rarement abordés en chanson comme la méchanceté, l’adolescence ou les enfants du divorce. Quelques exemples :
« Des millions de gosses mangent de la viande / Juste quand ils se mordent la langue. » (« Merci maman, merci papa »)
« A quoi ça sert de vivre aux éclats / Si c’est pour mourir à crédit ? » (« J’ai pas l’temps d’avoir trente ans »)
« Ils ont de l’amour sur la planche / Et puis deux cœurs qui font la manche / Papa dimanche / Maman semaine / A chaque amour suffit sa peine » (« Papa dimanche »)
« Le mariage c’est beau comme une croix / D’ailleurs c’est si lourd à porter qu’il faut souvent s’y mettre à trois » (« Le mariage »)
« Et tu fais plus grand-chose / A part bien sûr la gueule / Ce que vivent les roses / Tu t’en fous t’es toute seule (…) T’as des tongs en hivers / Et ça fait chier ta mère. / Treize ans, très en colère » (« Treize ans »)
« Si j’ai l’air douce et charmante / Ce n’est jamais que du trompe-l’œil / Toi, dis-moi qui tu fréquentes / Et moi je te dirai ta gueule » (« Méchante »)
Ni découragée, ni essoufflée, ni lasse mais vaillante, Agnès Bihl revient avec un nouvel album, réalisé et arrangé par Nicolas Montazaud. Où l’on reconnaît l’influence des anciens : Léo Ferré pour l’engagement, Anne Sylvestre pour le souffle féministe, et Renaud, et Brassens dont elle reprend " Complainte des filles de joie. " On y entend surtout une voix qui est celle de son temps, proche des artistes issus de la scène, de cette nouvelle chanson française à laquelle appartiennent Benabar, Sanseverino, Carla Bruni ou Lynda Lemay. Les textes sont signés Agnès Bihl (débutés entre deux échographies et achevés entre deux biberons), et les mélodies élaborées par le jazzman Giovanni Mirabassi et quelques autres. L’ensemble est étonnant de maturité. Un album rythmé, avec des thèmes rarement abordés en chanson comme la méchanceté, l’adolescence ou les enfants du divorce. Quelques exemples : " Des millions de gosses mangent de la viande / Juste quand ils se mordent la langue. " (" Merci maman, merci papa ") " A quoi ça sert de vivre aux éclats / Si c’est pour mourir à crédit ? " (" J’ai pas l’temps d’avoir trente ans ") " Ils ont de l’amour sur la planche / Et puis deux cœurs qui font la manche / Papa dimanche / Maman semaine / A chaque amour suffit sa peine " (" Papa dimanche ") " Le mariage c’est beau comme une croix / D’ailleurs c’est si lourd à porter qu’il faut souvent s’y mettre à trois " (" Le mariage ") " Et tu fais plus grand-chose / A part bien sûr la gueule / Ce que vivent les roses / Tu t’en fous t’es toute seule (…) T’as des tongs en hivers / Et ça fait chier ta mère. / Treize ans, très en colère " (" Treize ans ") " Si j’ai l’air douce et charmante / Ce n’est jamais que du trompe-l’œil / Toi, dis-moi qui tu fréquentes / Et moi je te dirai ta gueule " (" Méchante ")

