
Né en Balagne en 1978, de la passion du chant et de la terre, A Filetta ancre ses racines au plus profond de son sol d'origine comme la fougère dont il tire son nom.
Depuis plus de vingt-cinq ans, le groupe phare des polyphonies corses mené par Jean-Claude Acquaviva chante des hymnes à sa terre, des "chants originels" dont personne ne connaît l'exacte provenance, tant la tradition de l'île se mâtine d'influences.
Les six chanteurs savent faire vivre et partager cet art vocal difficile mais ô combien magnifique dont ils ont le secret. Des voix inattendues, inouïes. Des regards complices et puissants d'amour pour leur île et pour leur public.
Leur concert est l'exact reflet d'un itinéraire mêlant tradition et renouveau : aux chants anciens dont il évoque la mémoire tantôt spirituelle, tantôt amoureuse, font écho des créations propres nées au fil d'événements gais ou graves. Si A Filetta s'est constitué, au fil des ans, un vrai public de fidèles, c'est sans doute parce que chaque rencontre étonne et trouble…
De l'audace toujours de l'audace, écrit Sénèque dans le second choeur de Médée. ce fut là notre projet premier et notre geste artistique : faire se rencontrer les formes artistiques de la Tragédie Antique, le Texte, la Danse et le Chant, avec nos outils contemporains. Cela a commencé à Calvi, un soir, à l'issue d'un concert. Bouleversé par ces polyphonies dont on ne connaît presque rien des origines, j'eus l'impression de découvrir la trace de ce qu'avait peut-être pu entendre de loin Sénèque durant son exil en Corse, il y a 2000 ans. Entre le part du rêve et de l'imagination nous avons alors inventé un spectacle, joué, dansé, chanté 40 minutes durant. Ces quatre compositions sans partition, incroablement modernes et enracinées librement dans des traditions méditerranéennes séculaires, sont extrêmement propices au travail de plateau. Avec cette création A Filetta propose quelque chose d'inouï, de tout à fait nouveau et d'à peu près inclassable, qui ne ressemble à rien d'autre véritablement de ce qu'ils entreprirent avant comme après. Une tension émue entre le proche et le lointain, au service d'une terrible histoire d'amour déchu et de rejet de l'étranger, où la création de l'artiste éclaire avec étonnement le présent. Jean-Yves Lazennec, metteur en scène

